S’il fait la vaisselle, fais-lui une fellation…

J’ai pour règle de ne jamais poster quelque chose sur mon facebook si je ne suis pas d’accord avec le message. Je ne poste pas non plus quelque chose si je ne trouve pas de références citées dans l’image, ne serait-ce que pour donner le crédit à l’artiste qui a fait l’image, ou qui a prononcé la phrase. de façon générale, il est préférrable de ne pas partager une image qui soutient qu’elle cite un grand penseur, ou philosophe sans la référence, car il est facile de faire parler une tête. il existe plusieurs types d’autorité, et l’autorité de l’expert est un des types d’autorité les plus puissantes. en effet, lorsque quelqu’un qui porte un uniforme vous parle, vous aurez tendance à accepter ce qu’il vous dit, et à obéir aux ordres. Sans même vous poser la question de savoir si cette personne sait de quoi elle parle, ou si elle a même réellement le titre que vous lui avez assigné.

L’expérience Milgram, résumé ce phénomène. Si vous étudiez en psychologie, vous savez de quoi je parle. Il est impossible de l’avoir manqué. Cette expérience consistait en gros à placer des gens dans une situation où ils devraient appliquer une punition à un autre participant, lorsque ce participant donne une mauvaise réponse à un questionnaire. Une personne en uniforme donne les questions,  (ou pas selon le groupe) , et donne simplement l’ordre aux participants de donner la punition (de plus en plus fort, jusqu’à une dose mortelle) au participant qui répond aux questions. Ce que les participants qui punissent ne savent pas, c’est que tous les autres sont des acteurs. Le participant qui répond aux questions ne reçoit pas réellement de chocs electriques, et le docteur n’est qu’un étudiant en psychologie. Ce que l’on a remarqué après cette étude, c’est que les participants avec qui un étudiant en uniforme restait, et posait les questions, avaient tendance à aller jusqu’à la dose léthale, malgré la conscience que celle-ci était léthale. Même chez les participants qui étaient laissés seuls, ceux-ci ayant reçu l’ordre de continuer, une bonne majorité continuaient jusqu’à la fin de l’expérience (Milgram, 1963). Le pouvoir de  l’autorité est si puissant que nous ne nous posons plus de questions. Nous obéissons, même si nous savons que nos décisions peuvent avoir des conséquences néfastes sur les autres.

voici une vidéo d’une réplique de l’expérience Milgram plus récente: https://www.youtube.com/watch?v=8mpAbig8ttY

Et c’est donc pour ça que j’ai tendance à ne pas poster ces images où l’on fait parler n’importe qui nimporte comment.

Mais ce matin, je n’ai pas pu m’en empêcher. Il fallait que je montre au monde à quel point les progrès que nous pensons avoir fait ne sont en réalité parfois que des mirages. De trop petites victoires.

10375037_762310470508352_1364709772031249206_nà première vue, il n’y a pas vraiment de problème avec cette image. Après tout, ca part d’un bon sentiment. Tu fais quelque chose de gentil, je fais quelque chose de gentil pour toi en retour… Mais je n’ai pas réussi à sourire en regardant cette image. Il y a énormément d’éléments qui m’ont troublée.

Le premier élément qui m’a dérangée, c’est le Nice enough to do the dishes… Nice enough to do the dishes. Ceci implique donc que faire la vaisselle n’est pas le rôle normal que l’on attende d’un homme. Un homme normal, pas forcément gentil ni méchant ne fait évidemment pas la vaisselle. Et comme quelqu’un doit bien la faire, ce sera à vous de la faire. Impliquer qu’il est suffisement gentil pour la faire, c’est impliquer qu’il VOUS rend un service. Sinon, quel différence cela ferait-il pour vous que quelqu’un fasse quelque chose pour quelqu’un d’autre… vous avez vos propres problèmes. Non, cette phrase remet bien dans son contexte l’idée que nos rôles sont séparés. Qui plus est, ce n’est pas comme si c’était un conseil ouvert, à n’importe qui. parce qu’après tout, c’est vrai, je vais vous faire une confidence, Moi, je ne fais pas la vaisselle. Je ne la fais JAMAIS. et donc, de temps en temps, je pourrais remercier mon petit ami qui est suffisement gentil pour faire la vaisselle TOUS les jours (alors que je ne fais pas plus de tâches ménagères autres que la vaisselle, et qu’il travaille à temps plein). C’est vrai, remarquer les efforts pour rendre la vie harmonieuse d’une personne , ce n’est pas une mauvaise chose, c’est même conseillé!! Jessica Padykula nous rappèle que, de ne pas prendre son partenaire pour acquis, permet de garder une relation fraiche, et saine. cela permet aussi d’augmenter vos capacités d’écoute et d’empathie  (Padykula, 2014). Cependant, ce n’est pas ce que cette phrase impliquait. Cette phrase s’adressait aux femmes, pour les hommes. spécifiquement (« Ladies »). Cette phrase rappelait à la femme quel était son rôle.

La deuxième chose qui m’a dérrangée, c’est l’idée que le fait d’être gentil vous mérite nécessairement de la sexualité. Ceci nous renvoie au mythes du Friendzone. Le friendzone c’est cette idée que les femmes, cruelles tentatrices, vous relèguent au rang d’amis alors que vous avez fait tout ce qu’il fallait pour mériter de la sexualité (cette définition marche aussi dans le sens du graçon, cruel tentateur etc). C’est problématique car cela implique que quelqu’un vous doit de la sexualité. que si vous faites tout ce qu’il faut, à un moment donné, vos efforts vont payer. Cela renforce l’idée que les actes doivent être récompensés, que le sexe se paye. Après des tueries comme celle du jeune garçon qui a tué plusieurs jeunes filles dans son école, après avoir posté des vidéos où il crachait sa haine des fille de son école parce que celles-ci ne voulaient pas coucher avec lui. Ce jeune garçon était tellement persuadé que les femmes lui devaient de la sexualité, que sa rage l’a poussé à tuer plusieurs personnes. On ne mérite rien en sexualité. Une femme n’a pas a justifier de ne pas vouloir coucher avec un homme (et vice versa). Vos actes, peu importe combien agréables, ne sont pas un paiement pour de la sexualité. Personne ne doit rien à personne. Si , par un joli miracle, la personne que vous appréciez , vous apprécie aussi, le sexe pourra peut-être arriver. Le cas échéant, ce que vous faites ne vous achète en aucun cas un passe VIP pour les parties intimes. Le sexe ne s’achète qu’avec une prostituée, qui en fait son métier, et a choisi de vendre ses charmes (dans les meilleurs cas, malheureusement , la majorité ne l’ont pas choisi, mais c’est un autre sujet). Si c’est ce que vous désirez d’une relation, c’est ce que vous devez aller chercher. Ce n’est pas parce que l’on est gentil avec le serveur du restaurant que celui va accepter de ne pas vous faire payer votre repas. Ce n’est pas parce que vous avez ciré les pompes du patron que celui-ci vous doit une promotion. Vous aurez une promotion quand vous montrerez les compétences requises. Idem ici.

Le dernier point qui est problématique dans cette image, c’est l’idée que la sexualité féminine soit forcément un paiement pour quelquechose. Comme s’il était impossible qu’une femme veuille avoir une relation sexuelle spontanément, et que celle-ci ne soit pas faite en échange d’autre chose. L’invisibilisation de la sexualité féminine n’est pas nouvelle. Le patriarcat a longtemps travaillé pour invisibiliser la sexualité féminine, par exemple en rendant la masturbation féminine impensable , et symptome d’une maladie mentale (les femmes qui se masturbaient devaient être malades, et donc nécéssitaient d’être enfermées)   (Masson, 2013).  En s’assurant de rendre la sexualité féminine honteuse, et lourdement réprimée, les hommes assuraient la paternité, et le transfer des biens sous le nom masculin. En idolatrant la femme « pure », et en lui opposant la « putain », en ne choisissant d’épouser que la femme « pure », l’homme assurait que les conséquences d’une sexualité féminine seraient si graves que celles-ci choisissent elle-même de la supprimer (Coontz, & Henderson, 1986). L’invisibilisation de la sexualité des femmes cherche aussi a supprimer leur autonomie. En effet, si une femme n’a pas de sexaulité, celle-ci n’a pas besoin d’aller en chercher. Elle reste passive, puisqu’elle n’en a pas envie. L’homme garde le rôle actif. cette dichotomie renforce les rôles de genre  (Lerner, 1986). L’invisibilisation passe aussi par une vision infantile de la femme (perte de tous poils, taille fine et petite, cheveux blonds comme la jeunesse). En gardant la femme idéale comme une femme passive et enfantine, on s’assure de rendre inacceptable des femmes qui se comporteraient comme des hommes, et qui donc remettraient en cause la hierarchie patriarcale et le statut quo (Chesney-Lind, & Eliason,2006).

Ne vous méprennez pas. Je n’accuse pas les hommes ici. J’accuse tous ceux qui participent à ce système, hommes ou femmes, et qui gardent ce statut quo parce qu’il leur profite à eux personnellement.

Donc cette image m’a beaucoup énervée…

Qu’en pensez-vous?

 

Coontz, S., & Henderson, P. (1986). Women’s work, men’s property: The origins of gender and class. London: Verso

Chesney-Lind, M., & Eliason, M. (2006). From invisible to incorrigible: The demonization of marginalized women and girls. Crime, Media, Culture, 2(1), 29-47.

http://thoughtsonliberty.com/elliot-rodger-killed-six-people-because-women-wouldnt-sleep-with-him-now-what

Lerner, G. (1986). The creation of patriarchy. New York: Oxford University Press

Masson, J. M. (2013). A dark science: Women, sexuality and psychiatry in the nineteenth century. Untreed Reads.

Milgram, Stanley (1963). « Behavioral Study of Obedience ». Journal of Abnormal and Social Psychology 67 (4): 371–8. doi:10.1037/h0040525.PMID 14049516. as PDF.

Padykula, J., (2014). How to stop taking your partner for granted and appreciate your mate, Canadian Living. récupéré de : http://www.canadianliving.com/relationships/love/how_to_stop_taking_your_partner_for_granted_and_appreciate_your_mate_3.php

Son

émission CKUT du 27 Novembre 2014

Je suis passée à la radio CKUT, aujourd’hui.

J’ai parlé de l’amour, et de l’actualité!!

vous pouvez trouver mon passage ici: cliquez 🙂

Je passe autour de 30 minutes. mais les autres entrevues sont aussi super intéressantes!!

Dans cette émission, on parle d’Israel, de suicide, et d’amour.

Si vous désirez m’entendre plus souvent, vous pouvez vous connecter sur CKUT 90.3 sur le net, et écouter les jeudus matins pour le lendemain de la veille.

Sinon, si vous êtes dans la région de Montréal, vous pouvez allumer la radio vers la même heure.

 

Bisexual invisibility and fluidity

I have sent this as a poster proposition to the Journée de la recherche de l’UQTR.

what do you think?

Sexual orientation can be understood through three dimensions. A person is defined as being either heterosexual, homosexual , or bisexual if they have according behaviors, attractions and self-identification . Litterature usually implies that monosexuality is the norm,it  is understood in the literature as the binary nature of orientation, and gender identities. It ignores the possibility of a continuum, or other options outside the binary (Falek, 2013). The literature focusing on bisexuality is less extensive. Bisexuality does not work very well in a monosexual framework. Bisexuality implies an incongruence between behavior and identity when the bisexual individual only has one partner (Mint, 2004). Litterature also usually finds that bisexuality suffers from an invisibility in the media, the measures that melts that orientation within the “minority”, implying that the struggles that bisexuals and homosexuals go through are the same (Barker, & Langdridge, 2008) . One of the reasons bisexuality is so invisible is that the orientation itself is hard to define in terms of behavior, identification, or attractions (Barker, Richards, & Bowes-Catton, 2009). Bisexuality seems to bring forward the question of the fluidity of our orientations. It brings into the definition a fourth dimension: Time. Is what we are influenced by what we were? Although this notion is not new, Ericson being one of the first to bring forth the idea that we tend to try to have a continuity in our identities (Dunkel, 2005; Erikson, 1968), time in orientation is a rather revolutionary notion. It tends to break the understanding we have of orientation as fixed part of our identity. And therefore, it leaves some room for the queer suggestion that categories could be limitative (Sullivan, 2003). This notion is in line with the Lifespan theory (Dunkel, & Sefcek, 2009). The Lifespan Theory gives a good framework for understanding orientation as being a changeable fluid phenomenon, that can move over a lifetime. The term Sexual fluidity arose to answer such questions, but it is still not defined with a consensus. The main author on the subject, Lisa Diamond, covers a big part of the notion with her research and reviews, but it seems that other terms have come up to try to answer the same questions. Within the same terms, several explanations, and definitions seem to appear and the literature may appear slightly scattered. In order to advance the field and get a wide view of what has been done on the subject, to answer the questions mentioned earlier, we will try with this review to summarize the position scholars have taken on sexual fluidity.

 

 

Barker, M., & Langdridge, D. (2008). II. Bisexuality: Working with a silenced sexuality. Feminism & Psychology, 18(3), 389-394.

 

Barker, M., Richards, C., & Bowes-Catton, H. (2009). “All the world is queer save thee and me…”: Defining queer and bi at a Critical Sexology seminar. Journal of Bisexuality, 9(3-4), 363-379.

 

Dunkel, C. S. (2005). The relation between self-continuity and measures of identity. Identity, 5(1), 21-34.

 

Dunkel, C. S., & Sefcek, J. A. (2009). Eriksonian lifespan theory and life history theory: An integration using the example of identity formation. Review of General Psychology, 13(1), 13.

 

Erikson, E. H. (1968). Identity: Youth and crisis (No. 7). WW Norton & Company.

 

Mint, P. (2004). The power dynamics of cheating: Effects on polyamory and bisexuality. Journal of Bisexuality, 4(3-4), 55-76.

 

Sullivan, N. (2003). A critical introduction to queer theory. NYU Press.

 

conversation on the importance of sources, and how you need air to breathe.

  • This morning, I had a conversation with Malcolm. He and I, although sharing the same Core values, disagree on one funamental point. He believes humans should be trusted above institutions. And I believe humans are the reason institutions cannot be trusted. Our understanding of the system is based on the nature nurture argument. He believes the system corrups human. I believe the human corrupts the system. It was thus not a surprise when, after i posted a quote from yet another unsourced author, arguing that without the source, this quote was as much as useless, Malcolm disagreed with me. The quote was as follows:
    howard zinn
    Here is the discussion that followed.
    Malcolm James Keenan Evidence lies in Nazi Germany. Hitler was revoking the Jews’ rights years before he lead them onto the train. A good 5-8 years of false-flags and abolishing rights in the name of National Security.
  • Mahault Albarracin Sure. Evidence. But from which source. I need a source. Because I can say that Nazi Germany was also experimenting on puppies to find ways to weaponize them (which may be true, and was true for Pavlov), but that’s just me saying stuff. Not actual evidence. I agree with this quote, but I want a source telling me that this guy actually either said or wrote it.
  • Malcolm James Keenan Took me 15 seconds to find this on Google . As for sources for Hitler revoking rights…. Watch nearly any documentary on the Third Reich and there you’ll have it.
  • Mahault Albarracin those aren’t sources… sources indicate what book or document that he has written has this particular sentence in it. or a video, in which you see him saying it. actual evidence that these sentences come from him. saying « i’m hungry » -gandhi isn’t a source. saying « i’m hungry » – Mistilis, M., (1916) Interview with gandhi, 15th august 1916. India’s digest, Vol 3, 32-33. that’s a source. because i can go check by myself that it has been written in a peer reviewed journal, or in a credible published magazine. or even in a book (although, that is not the way you quote books, but APA, ShmAPA. )
  • Malcolm James Keenan As I said, if you google it you get the answer almost immediately. I can assure you beyond any shred of doubt that Howard Zinn very much said this.
  • Mahault Albarracin well, the google link you sent me is basically this image, on a different format. so not a source. i’m not saying he didn’t say it. i’m saying there’s no way to find this sort of image credible if the people making it insist on stooping at the level of inspirational cat images… I haven’t read Howard Zinn’s books, si i honestly don’t know.

    Garfield, E. (2006). Citation indexes for science. A new dimension in documentation through association of ideas. International journal of epidemiology, 35(5), 1123-1127.

    (you can actually check that this article exists, and that my statement is NOT in it)

  • Malcolm James Keenan The link I sent you has references, just not for that specific quote. But when you google it, you see more than just this link. People dont take the time to post sources much anymore, so I feel its no one else’s responsibility than your own to validate it.
  • Mahault Albarracin well then, i stand on the other side of the fence where i don’t believe every thing that is said to me, and thus if i started checking every statement, i wouldn’t do anything, ever… so when i speak, i quote and cite my sources, because i have to prove i am credible. if people do not do it, i take it they are not, in fact credible. but that’s not something we have to agree on, it’s just our differing opinions.
  • Malcolm James Keenan I’m grateful that I’ve taken the extra effort to validate or discredit sources on my own. It helps paint a clearer picture amidst a sea of dis/misinformation. I agree that citing sources adds credibility but I don’t just dismiss what someone said just because the sources are missing.. It takes very minimal effort to check it out for myself, and usually ends up leading me to other paths of knowledge or information.
  • Mahault Albarracin in the sea of information internet contains, it is actually very hard to find a credible source. if it takes you minimal effort to validate an information, you’re not doing it right. for instance, you know that you need air to breathe. i know that we need air to breathe. but finding a credible, recent source that says that explicitly is really hard!! you may argue that if i know it, why do i need a source? well, because sometimes the things that we know for sure, are not true. so, yeah i can research myself. but that takes some time that i don’t need to take. if you’re unwilling to prove to me that you are credible, i won’t just give you the credit, and do that work for myself. i’ll just dismiss your words, in the same lazy way that you did not cite your source. once again, it’s not something we have to agree on. it’s just different standpoints.
    here’s a source saying we need air to breathe, although that’s not explicitly what the article says, so technically, i can’t really quote it.
    Saxon, A., & Diaz-Sanchez, D. (2005). Air pollution and allergy: you are what you breathe. Nature immunology, 6(3), 223-226.
  • Mahault Albarracin Mutlu, G. M., Garey, K. W., Robbins, R. A., Danziger, L. H., & Rubinstein, I. (2001). Collection and analysis of exhaled breath condensate in humans.American journal of respiratory and critical care medicine, 164(5), 731-737.

    this one’s closer to the goal. i think… read it and tell me

    And this is where the conversation ended.

    What do you think?
    where does the responsability of credibility lie?
    Is it within the writer, or the reader?

    Tell me all!!!!

I love you, and you , and you and…

Il m’arrive de plus en plus d’avoir des conversations avec des personnes autour de moi qui tournent autour de la notion de l’amour. Si l’on en croit Socrate, l’amour est a l’opposé du bonheur. Il ne peut y avoir amour que s’il y a manque, et par conséquent souffrance. Lorsque le besoin est rempli, l’amour s’achève. Platon fait d’ailleurs la différence entre plusieurs types d’amoures (oui, amour , au pluriel, prend un e, comme si l’amour au féminin implique forcement une multitude contre l’amour au masculin qui se suffit dans l’unicité). La Philia, ou l’appreciation pure entre deux personnes de rang egal (soit souvent 2 hommes, manifestement, les seuls capables d’un amour pure), l’eros, ou la luxure, souvent pour le sexe oppose, et l’agape, soit l’amour sans attente de retour  (Ficin, 2002).

Platon nous amene déjà une première notion de la multiplicité des amoures qu’il peut exister. Il mentionne dans le banquet, qu’il est possible pour un meme personne de ressentir ces trois types d’amoures en meme temps, pour des personnes differentes evidemment, puisque certaines personnes elicitent et meritent des affections differentes (c’est a ce point que Platon cesse d’etre seduisant ). La partie la moins séduisante de cette définition, pour moi est que ces sentiments soient fixés sur des partenaires particuliers, ayant des descriptions specifiques, et ne sont en aucun cas liés à la personne qui les ressent en tant que tel. En effet, l’émotion, presque divine n’utilise celui qui la ressent que comme un outil, un medium à travers laquelle exister.

Kant, suivant légèrement Socrates, aurait tendance à nous dire d’éviter l’amour, et à le comprendre comme un danger. L’amour serait l’ennemi de la morale qui, selon Kant, devrait etre  le fondement de la vie (Kant, 1964).

Au contraire, Spinoza nous offre encore une vision de l’amour comme entité entière et indépendante, mais sous un angle beaucoup plus positif. Selon lui, l’amour est la manifestation de la joie à travers le médium imparfait de l’humain (Hampshire, 1956).

Beaucoup d’autres auteurs se sont penchés sur la question de l’Amour. En donnant à l’amour son entité propre, et en le sortant du contexte du personnel, on trouve que celui-ci n’a plus besoin d’un objet. L’amour existe, qu’il se manifeste ou non. Il est omniprésent, et intangible, et utilise l’humain à ses fins.

Je trouve que cette vision laisse la place à la possiblité que le sentiment lui-même puisse donc se manifester de façon diffuse et imprécise, et que ce serait plutot l’humain qui lui donne une intention, qui l’encadre dans le moule limitatif d’une relation.

Revenons donc à nos moutons:

De plus en plus de gens me parlent d’amour, et essaient de lui faire rimer fidélité. Comme si les deux mots ne pouvaient qu’aller de paire.

Ils me demandent s’il est possible d’aimer plusieurs personnes à la fois.

S’ils devraient en parler à leur partenaire.

Si ce sentiment veut dire qu’ils sont infidèles.

Si la mention de ce sentiment à leur partenaire va lui faire du mal…

 

Je ne peux pas répondre à toutes ces questions. Tout simplement parce que je ne peux prédire l’avenir, et que les réactions de chacun n’ont en réalité aucun lien avec les autres. Ce qu’une personne vit à l’intérieur d’elle n’est qu’une réaction de ce qu’elle perçoit en lien avec ce qu’elle a déjà vécu auparavant. Par exemple, il est possible d’être insulté par une phrase qui ne se veut absolument pas méchante ou malicieuse. Et il est aussi possible de ne pas du tout comprendre que quelqu’un essaie de nous faire passer un message (c’est souvent d’ailleurs ce avec lequel  les gens qui utilisent des techniques passives-agressives tentent de jouer).

Je peux, par contre essayer de répondre à la première question: peut-on aimer plusieurs personnes à la fois.

Sternberg a créé un modèle de l’amour à trois dimensions.

triangle de sternberg

Sternberg définit avec ces 3 dimentions 7 Types d’amoures (Sternberg, & Weis, 2006). Sternberg définit d’abord les 3 dimensions comme étant l’intimité, l’engagement et la passion. Il définit l’intimité comme étant  la composante affective de l’amour. Elle concerne les sentiments de proximité, d’attachement, de chaleur humaine, et s’exprime par le besoin de la présence de l’autre avec lequel on se sent en communion. Elle est généralement présente dans les relations familiales et amicales. Sa définition de l’engagement est la composante motivationnelle de l’amour. Elle conduit à l’état amoureux, à l’attirance physique et à l’acte sexuel. Elle implique un niveau élevé d’activation physiologique. Et finalement, il définit la passion comme étant la composante cognitive de l’amour. Elle s’exprime à la fois dans le court terme (décision d’aimer quelqu’un) et dans le long terme (décision de maintenir cet amour).

Les 7 types d’amour qui se manifestent à travers ces 3 dimensions sont:

  1. Amitié ( intimité)
  2. Engouement (passion)
  3. Amour vide (engagement)
  4. Amour romantique (intimité et passion)
  5. Amour compagnon (intimité engagement)
  6. Amour fat (engagement, passion)
  7. Amour consumé (engagement, passion , intimité)

La psychologie moderne accepte donc qu’il est possible qu’il y ait plusieurs amoures. Peut-on alors ressentir plusieurs types d’amoures en même temps?

En y pensant quelqus secondes, la réponse semble aisée. Si l’amour qui n’implique que l’intimité est appelée amitié, et l’amour qui implique seulement la passion est appelé l’amour entiché, soit l’amour que l’on peut ressentir pour un partenaire avec lequel il ne s’est encore rien passé, il est facile de repenser à une situation où nous avons eu des amis, et des amoureux en même temps. Il est aussi possible de penser à notre meilleur ami, soit l’engagement et l’intimité (amour complice) ayant du mal à nous partager avec notre nouvel amoureux (ou amoureuse) soit l’amour romantique (intimité et passion).  La seule façon pour ces amoures de ne pas être simultanés, est s’il nous fallait oublier une personne pour en aimer une autre. Si lorsque vous êtes avec votre ami, votre attention lui appartenait au complet, et que vous oubliez votre partenaire en sa présence (et vice versa). Sommes-nous réellement si pointu? si spécifique? si étroits? nous est-il absolument nécessaire de n’avoir en tête qu’une seule chose à la fois? Comment fait-on alors, si toutes ces personnes se retrouvent toutes ensemble dans un seul endroit? est-on moins l’ami de quelqu’un lorsque l’on est l’ami de quelqu’un d’autre?

Si l’on en croit Aaron Ben-Zeév, Ph.D., il n’est même pas nécessaire d’avoir des types différents d’amoures pour aimer plusieurs personnes en même temps. La raison pour laquelle il nous semble impossible d’aimer plusieurs personnes en même temps, est parce que nous investissons nos partenaires émotionnellement. L’amour coute cher, en énergie et en ressources. Qui plus est, les émotions sont basées sur une préférence. Si nous aimons, c’est que nous pouvons aussi ne pas aimer, impliquant une gradation, et donc une selection. Si nous aimons le plus que nous pouvons, c’est que nous sélectionnons aussi de plus en plus, ce qui rend illogique l’idée que plusieurs personnes répondent aux mêmes critères. En tout cas, illogique pour nous, car ces notions créent une dissonance cognitive entre la compréhension que l’on a de l’amour, et les sentiments que l’on ressent parfois lorsque la personne que l’on aime va voir ailleurs. Nous ressentons de la douleur, mais il est impossible de l’expliquer logiquement si l’on ne prend en compte l’amour que comme une entité. Il est donc nécessaire de le rendre sujet au médium et à l’objet. Il nous est nécessaire d’ancrer notre compréhension de l’amour chez un partenaire. Cela implique que nous nous attendons en retour à de l’exclusivité pour ne pas ressentir les émotions négatives liées à nos propres insécurités. La peur du rejet n’a pas réellement de lien avec les actions de l’autre. aimer deux personnes n’implique pas que l’on veuille rejeter l’une ou l’autre. Mais notre peur de perdre notre partenaire a besoin d’une logique pour que nous n’ayons pas de dissonance cognitive.

 

 

bibliographie:

Ficin, M. (2002). Commentaire sur » Le Banquet » de Platon, » De l’amour »: Commentarium in Convivium Platonis, De amore. P. Laurens (Ed.). Les Belles Lettres.

Hampshire, S. (1956). Spinoza. Manchester University Press.

Kant, I. (1964). The Metaphysical Principles of Virtue: Part II of the Metaphysics of Morals (Vol. 85). Bobbs-Merrill.

Sternberg, R. J., & Weis, K. (Eds.). (2006).The new psychology of love. Yale University Press.

http://www.psychologytoday.com/blog/in-the-name-love/200803/loving-two-people-the-same-time

sortie du livre « La psychologie de l’adolescence »

Le livre « La Psychologie de l’Adolescence » va sortir bientôt. J’ai participe à la rédaction de ce livre de façon très minime en écrivant un paragraphe sur la pornographie et son influence sur les adolescents, sous la direction de Marie-Aude Boislard, Ph.D. En voici donc l’extrait. si le livre vous intéresse, son lancement  a lieu le lundi 10 Novembre.

la psychologie des adolescents

« La psychologie de l’adolescence
Sous la direction de Michel Claes et Lyda Lannegrand-Willems
lundi 10 novembre 2014 à 17 h
Département de psychologie de l’Université de Montréal
Pavillon Marie-Victorin — Salon Noël-Mailloux (D-427)
90, avenue Vincent d’Indy
prix de lancement du livre: 35$ »

La pornographie.

La  majorité  des  adolescents  ont  été  exposés  à  la  pornographie dans la dernière année, parfois non intentionnellement, par des fenêtres intempestives ou du courrier indésirable. Au Canada, l’âge moyen de la première exposition semble se situer autour de 12ans pour les garçons et de 13ans pour les flles (Poulin, 2009). L’âge de la première exposition pornographique peut avoir de multiples efets. Par exemple, Poulin (2011) a observé que plus un adolescent consomme de la pornographie tôt, plus il aura tendance à vouloir reproduire les pratiques sexuelles auxquelles il a été exposé, et plus il risque d’en consommer régulièrement et fréquemment. D’autres études suggèrent que lorsque l’exposition à du matériel pornographique survient de façon inattendue et brutale, certains adolescents expérimentent des cauchemars, des angoisses et davantage d’inquiétudes face à leur propre sexualité. De plus, la pornographie véhicule des stéréotypes tels que l’instrumentalisation du corps féminin et la focalisation sur le plaisir masculin pouvant modeler les représentations génitales et sexuelles, particulièrement chez les jeunes les plus vulnérables. Les représentations corporelles féminines y sont d’ailleurs de plus en plus éloignées de la réalité (Schick, Rima et Calabrese, 2010). Il n’est donc pas surprenant que la consommation de pornographie soit corrélée négativement à l’estime de soi, surtout chez les flles. Or, plus l’estime de soi des jeunes flles est faible, plus celles-ci risquent d’être précoces sexuellement (Boyce et al., 2002).

En outre, les adolescents de sexe masculin qui consomment du matériel pornographique sur une base régulière ont davantage d’expériences sexuelles, de partenaires d’un soir et de relations sexuelles dans un cadre non amoureux que ceux qui en consomment occasionnellement ou pas du tout (Mattebo, Tyden, Haggstrom-Nordin, Nilsson et Larsson, 2013). La consommation régulière de pornographie est également associée à davantage de croyances soutenant la violence envers les femmes et le « mythe du fantasme du viol » (Vega et Malamuth, 2007), une association qui s’avère encore plus prononcée lorsque le matériel visionné comprend des scènes de violence sexuelle (Kingston, Malamuth, Fedorofet Marshall, 2009). Pris ensemble, ces résultats, combinés avec ceux d’une méta-analyse sur la question, montrent que la consommation de pornographie est liée aux attitudes endossant la violence envers les femmes (Kingston et al., 2009; Oddone-Paolucci, Genuis et Violato, 2000). Bien qu’une minorité d’adolescents traduiront ces attitudes en gestes, une grande consommation de matériel  pornographique  est  davantage  associée  à  des  comportements autorapportés de coercition sexuelle et d’abus sexuels (Malamuth, Addison et Koss, 2000; Vega et Malamuth, 2007).

Certains auteurs estiment toutefois que la pornographie peut entraîner des gains à l’adolescence, comme de permettre le transfert du désir vers des cibles moins menaçantes que les objets réels (Bidaud, 2005), de procurer  des  informations  accessibles  –  quoique  souvent  biaisées  et inexac tes – sur la sexualité et l’anatomie, et de se rassurer sur sa propre sexualité et son corps pubère (Hayez, 2009). Les sous-groupes sexuels étant surreprésentés dans le matériel pornographique, certains saluent l’« efet  normalisateur »  de  la  pornographie  pour  certaines  pratiques sexuel les considérées comme plus marginales, permettant ainsi aux adolescents qui en sont friands de se sentir moins stigmatisés et coupables (Hayez, 2009). Néanmoins, le phénomène de l’extrême accessibilité de la pornographie (gratuite) étant relativement récent, d’autres études sont nécessaires pour en dégager les efets sur la sexualité des jeunes, à court et à long terme, ainsi que les variables qui modulent et expliquent ce lien.La religion. Une faible religiosité a été associée à une transition plus précoce à une vie sexuelle active et à un usage moins systématique du condom. Globalement, il semble que ce ne soit pas les allégeances religieuses en tant que telles qui retardent les débuts sexuels des adolescents, mais plutôt leur propre engagement et celui de leurs amis dans des activités pastorales et ecclésiastiques, particulièrement chez les adolescentes non caucasiennes (Zimmer-Gembeck et Helfand, 2008).

Poetry minute

 

Here’s a little something from my friend Malcolm. He writes poetry, and creates music. I like to share a little of what he does. Along the way, i will share more poetry from different artists and kind souls. If you have something that you are really proud of, send it to me, and i’ll publish it.

His facebook page is: https://www.facebook.com/MalcolmsGuitarLessons?fref=ts

image malcolm

Lessons in Letting Go

You slip

You slip down a deeper well than you thought possible

Descending, pretending you’re still somehow in control

But at the bottom, the waves crash and the silence rings

Forevermore you’ll slip, never knowing where you’re going

 Never knowing where you’ll end up

And unsure of how you started slipping in the first place

You grasp. It’s all you can do. The fear is too much, so you grasp.

Sooner or later, though, you’ll find

That what you’re grasping on to

Is also slipping. It’s slipping with you.

And nothing around you is set. It all slips with you.

Faster and faster, till you have no bearings

Always fearing the water and dead silence

You try to escape. Plausible and impossible.

There’s nothing left for you to do

You fear the bottom

You fear the outcome

So much that you forget you’re even falling

You forget. Everything is stagnant

But you’re still falling

Everything is changing

Everything is moving

You are moving

You are changing

And when you’re done falling

Everything stops.

Silence.

And you realize.

You realize that you were the well

All along. You were the well.

You are the well.

Malcolm