Réforme de l’éducation sexuelle au Québec…

« Devrait-on parler de désir et de séduction à l’école ? Si l’approche conçue par la sexologue F. D., avait été implantée dans toutes les écoles du Québec comme prévu, les enseignants le feraient depuis déjà dix ans ! » elle mentionne ensuite :

« Les cours de formation personnelle et sociale (FPS) abordaient la question des relations interpersonnelles et la sexualité. Dommage qu’ils aient été abolis il y a 10 ans !

source: www.enseignons.be

Les cours de FPS ont été retirés de l’horaire car ils avaient besoin d’une sérieuse mise à jour. C’était très inégal, selon l’enseignant qui les donnait ; certains se contentaient de faire venir l’infirmière pour qu’elle parle de prévention des maladies transmissibles sexuellement. [NDLR : le ministère de l’Éducation a aussi aboli les cours de FPS pour accorder plus de place aux matières de base, comme le français].

Dans le cadre de la réforme de l’éducation, le ministère a voulu repenser l’éducation sexuelle autrement. L’esprit, c’était que tout le personnel de l’école travaille ensemble, que cela ne repose plus sur les compétences d’une seule personne. »

Il existe , en réalité, déjà de l’éducation à la sexualité dans les écoles au québec.

http://www.mels.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/condition-feminine/education-a-la-sexualite/

le ministère de l’Éducation, en concertation avec le ministère de la Santé et des Services sociaux ont mis en place des documents et des formations pour les intervenants jeunesse (professeurs, services sociaux etc) pour répondre aux questionnements des jeunes.

Le document intitulé L’éducation à la sexualité dans le contexte de la réforme de l’éducation vise les élèves de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire.

un outil offrant des éléments d’information et des pistes d’action bien concrètes, qui permet la mise en place de situations d’apprentissage arrimées au Programme de formation de l’école québécoise ainsi qu’aux nouvelles orientations en matière de services complémentaires.

Il est aussi publié, par le gouvernement la revue Ca s’exprime, qui traite de multiples sujets en lien avec la sexualité et la jeunesse. La revue s’adresse aux intervenants et aux jeunes.

À l’uqam, il y a aussi la chaire de recherche sur l’homophobie qui publie fréquemment des recherches, des outils, et met en place des programmes pour former les professeurs à inclure dans leurs cours des dicussions et activités sur l’orientation sexuelle.  Par exemple, il existe un projet appelé : L’orientation sexuelle à l’école, Questions et réponses

Selon F. D., professeur à UQAM, les éléments de désir et séduction ne sont pas mentionnés. Il semble ironique que la même personne qui tient toute une chaire sur l’hypersexualisation (soit la sexualisation de l’apparence des personnes plus jeunes, ainsi que de leur comportement) désire que l’on parle de séduction à ces mêmes jeunes. Mais SOIT!

L’article mentionne d’ailleurs vers la fin : « Selon un bilan effectué en 2013 par le Ministère, 62 % des écoles secondaires offrent une éducation sexuelle digne de ce nom, portant sur au moins quatre de ces grands thèmes. »

«On a une vision réductrice de l’éducation à la sexualité, dit-elle. On parle de la reproduction et des infections transmissibles sexuellement en secondaire 2, mais il y a toute la dimension affective… le désir, les critères de beauté, la popularité, la pression sociale, etc. Les adolescents sont en quête de sens.»

Tous les éléments que proposent madame D. pointent vers l’idée que le sexe est une question de pression sociale. (popularité, donc utilisation de la sexualité pour devenir populaire, presson à avoir des relations) Elle parle ensuite de critères de beauté. Bien que nous soyons d’accord, j’ai du mal à imaginer le contenu d’un cour sur le sujet. Compte-t-elle leur faire avoir un regard critique? Ou compte-t-elle pousser les jeunes gens encore une fois à s’éloigner d’un modèle sexualisé, qui est selon elle, naucif au bon développement des jeunes gens. Cette vision de la sexualité, est en elle-même particulièrement négative. L’approche au début de l’article, semble proposer une approche très positive des relations sexuelles. Mais plus on continue, plus en réalité, on s’approche de la Vision ITSS et grossesse non désirée de l’éducation à la sexualité de laquelle on prétend essayer de s’eloigner, et qui sert à faire peur aux adolescents. Impliquer que la sexualité n’est pas un choix réel, mais plutôt un produit du contexte social enlève énormément d’agentivité aux jeunes , qui devraient être les seuls juges de leur capacité, ou non, à avoir des relations sexuelles.

L’article continue alors, de façon relativement impromptue sur la pornographie :

« On peut leur expliquer pourquoi, comme société, nous avons décidé qu’il valait mieux avoir 18 ans pour regarder ça : il faut suffisamment de maturité pour avoir du recul. La porno, c’est du spectacle. Tout est exagéré : la durée de la relation, la grosseur du sexe, les cris… et il y toujours bien du monde !

Avoir une relation sexuelle, ce n’est pas une acrobatie génitale. C’est d’abord être en relation avec l’autre, avec son histoire, son désir, sa pudeur, ses limites, qui il ou elle est. Quand on dit ça aux jeunes, ça fait écho chez eux. Pour contrer le message de la porno, il faut parler de sexualité de façon positive, parler de relations amoureuses et de séduction, et faire réfléchir les jeunes là-dessus. »

Sur les premiers points, nous sommes d’accord. La pornographie est un spectacle. Bon… soit. Qu’en faire de ce spectacle? Ça, ce n’est pas dit dans l’article. A part ce tout petit passage, où il est mentionné qu’il faut avoir 18 ans pour regarder… comme si, à 18 ans, magiquement, notre esprit devenait soudainement une machine à analyse critique. Soudainement, l’on se rend compte que de gémir à répétition avant même d’avoir frôlé l’autre personne n’est pas forcément représentatif de la réalité. Le cerveau humain est en constante évolution.

De fait, selon plusieurs études, le cerveau des jeunes de 15 ans est similaire à celui des adultes en terme de capacités cognitives logiques, et de compréhension des riques ( Steinberg, 2007; Reyna & Farley, 2006). Ils sont capables d’analyser une situation. Autant que les adultes. L’argument que les jeunes, plus que les adultes, ont besoin d’être protégés des effets « néfastes » de la pornographie est légèrement infondée. Il y a un argument à faire du point de vue des premières relations sexuelles. En effet, la plupart des jeunes au canada, et au québec, ont leur première relation sexuelle entre 14ans et 18 ans. Ils ont déjà, à cet âge là, une capacité de regard critique sur le contenu qui leur est présenté. Cependant, il y a un lien (on n’en connait pas le sens) entre la sexualité vers la tranche plus basse de l’âge, et la consommation de pornographie. on peut se demander , donc, si les jeunes qui consomment plus de pornographie ont déjà envie d’avoir une relation sexuelle avec des partenaires, ou si la pornographie en grande quantité pousse à la relation. Quand bien même. Cette même étude sur la pornographie et les comportements sexuels montre que la pornographie n’influence pas tellement les comportements sexuels en tant que tels. La consommation de pornographie était particulièrement associée à des relations sexuelles avec des amis, mais tous les autres comportements, soit les relations anales, non protégées, de groupe n’étaient pas fortement associées avec la consommation de pronographie (Häggström-Nordin, Hanson, & Tydén, 2005). On peut donc mettre un bémol sur l’idée que la pornographie influence les premières relations sexuelles des adolescents.

J’aimerais maintenant adresser l’idée qu’il est nécessairement négatif que les adolescents, ou n’importe qui ait des comportements rencontrés dans la pornographie. L’article sur l’éducation sexuelle implique qu’elle sait ce qu’est LA sexualité. Littéralement il est écrit dans l’article : la sexualité n’est pas une acrobatie génitale. Ah bon? Donc, vous êtes dans toutes les chambres? Vous êtes dans tous les fantasmes? Donc la pornographie n’est pas une forme valide de sexualité? De par cette phrase, on commence à créer une balise de la sexualité normative. On fait une différence entre l’acceptable et l’inacceptable. On pratique donc le même exercice que la pronographie. On force un modèle de la sexualité sur nos jeunes, en brimant leur désir d’explorer. Et de par là même, on exclut tous ceux qui ont déjà une sexualité différente, et vivent très bien avec, en leur faisant comprendre que celle-ci est dangereuse, mauvaise, et met en péril leur moralité. On continue ensuite dans l’article en disant :

« C’est d’abord être en relation avec l’autre, avec son histoire, son désir, sa pudeur, ses limites, qui il ou elle est. Quand on dit ça aux jeunes, ça fait écho chez eux. Pour contrer le message de la porno, il faut parler de sexualité de façon positive, parler de relations amoureuses et de séduction, et faire réfléchir les jeunes là-dessus.On peut aborder avec eux la question du désir — qui se nourrit de l’attente — et du plaisir, un mélange de sensualité, de confiance et d’humour. »

Donc la sexualité n’a qu’une seule forme valide, et tout le reste est forcément pathologique et à éviter? Donc la sexualité ne peut se faire qu’entre deux personnes qui se connaissent et se font confiance, et en relation amoureuse? La partie qui mentionne « qui se nourrit de l’attente » nous fait étonnement penser à l’idée d’abstinence. Quelle meilleur moyen de rendre votre sexualité plaisante que d’attendre pour en avoir. Pour cous donner quelques chiffres en terme d’abstinence : selon l’étude de Kirby, en 2008, sur 56 programmes pronant l’abstinence ou la prévention des ITSS, on trouve que les programmes sur l’abstinence n’ont aucun effet positif, ne réduisent pas l’âge de première relation sexuelle, et peuvent même augmenter le taux de grossesses non désirées et d’ ITSS chez les adolescents. En effet, ces programmes évitent complètement de parler de contraception, puisque selon eux, la meilleure contraception est de ne pas avoir de relation sexuelle. Sur ce même sujet : comment définit-on une relation sexuelle? Selon la loi, c’est une relation avec pénétration (soit coït). Selon Mimoun et al. , c’est l’ensemble des phénomènes sexuels ou liés au sexe chez les êtres vivants… c’est très clair. Ça aide vraiment les jeunes à savoir, si concrètement, ce qu’ils font est sexuel. Donc, d’un coté, on a une définition trop précise, qui exclut énormément de comportements, et de l’autre, une définition beaucoup trop vague, qui n’inclue pas réellement quoi que ce soit. Par ailleurs, certains comportements ne sont pas forcément considérés comme sexuels par les adolescents ( Remez, 2000 ). Certains adolescentes pratiquent les fellations pour de multiples raisons, comme ne pas etre enceinte, éviter une relation sexuelle dont elles n’ont pas envie, attirer les bonnes graces du partenaire. Comment définit-on l’abstinence alors? Éviter tout contact avec une consonnante sexuelle? Ne peuvent-ils donc plus s’embrasser? Se tenir la main? Se caresser? Peuvent-ils même se masturber seuls? Bref, nous l’aurons compris, pointer vers l’abstinence est une erreur.

Mais ce qui me frappe le plus dans cet article. Ce qui, je trouve, est abbérant! Est l’absence absolue, et complète, de la notion de plaisir… Nulle part dans l’article le mot n’est-il simplement mentionné! Il me semble que la raison la plus importante, de nos jours d’avoir des relations sexuelle est le Plaisir!! La sexualité n’est pas seulement une affaire de l’être à deux. C’est parfois complètement personnel. C’est un moment de chaleur dans le corps, des palpitations du clitoris , un petit mouvement du pénis. C’est une sensation agréable diffuse, ou aigüe. C’est un fantasme puissant, et catarcique. C’est un petit rêve éveillé en voyant un ou une passante. C’est désirer voir une paire de chaussure sur une jolie jambe, c’est désirer sentir du latex sur sa peau, c’est désirer se soummettre à quelqu’un, c’est échanger des textos avec un inconnu, c’est se montrer nu sur une webcam, c’est explorer toutes les possibilités, c’est valider son égo, c’est se sentir attirant, c’est plaire, ou se dégouter, c’est une compulsion, ou une corvée. C’est regarder un film, seul, à deux, en groupe, c’est lire un livre, ou écrire une histoire. C’est chatter sur des tchatrooms et imaginer son partenaire de la tête au pieds. C’est faire n’importe quoi, ou faire tout correctement. C’est donner du plaisir ! c’est échanger le plaisir, c’est le prendre pour soi-même. C’est avec soi-même, un ou une partenaire, ou trois partenaires, ou plus, c’est un ami, une amie, un copain , une copine, ton mari, ta femme, l’ami de ton mari, l’amie de ta femme. Le sexe est poilu, ou le sexe est complètement lisse. Il est plein de liquide divers, ou complètement sec, il dure 3 minutes, ou moins, ou il dure 4 heures! Il se fait sobre, ou complètement stone. Il se fait avec un homme, une femme, un homme et une femme, deux hommes, deux femmes! Il se fait en utilisant des jouets, des cordes, des armes blanches, avec précision et scénario, avec les mains, et parfois même sans toucher quoi que ce soit! Il mène à l’orgasme, ou s’arrête longtemps avant. Le sexe existe partout et tout le temps. Mais le seul moment où il est sain, c’est quand il ammène du plaisir, peu importe la forme que ce plaisir prend! Et c’est là que devrait appuyer l’éducation.

Tellement de gens choisissent d’avoir des relations parce qu’ils croient que c’est ce qu’ils ont à faire. Tellement de gens répriment ce qu’ils désirent parce qu’on leur fait comprendre que ce n’est pas correct. Jusqu’à il y a peu, l’homosexualité n’était pas correcte, on la considérait pathologique, et on la réprimait. Il va de même pour la sodomie. Il en va de même pour toute sexualité qui n’était pas reproductive, pour la masturbation. Celle-ci, vous rendait, potentiellement sourd, poilu et aveugle. Impliquant encore une fois que toutes ces choses sont négatives, faisant donc preuve de body-shaming, et d’ableism.

Häggström-Nordin, E., Hanson, U., & Tydén, T. (2005). Associations between pornography consumption and sexual practices among adolescents in Sweden. International journal of STD & AIDS, 16(2), 102-107.

http://www.mels.gouv.qc.ca/dossiers-thematiques/condition-feminine/education-a-la-sexualite/

Kirby, D. B. (2008). The impact of abstinence and comprehensive sex and STD/HIV education programs on adolescent sexual behavior. Sexuality Research & Social Policy5(3), 18-27.

Remez, L. (2000). Oral sex among adolescents: Is it sex or is it abstinence?.Family Planning Perspectives, 298-304.

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Une réflexion sur “Réforme de l’éducation sexuelle au Québec…

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