sortie du livre « La psychologie de l’adolescence »

Le livre « La Psychologie de l’Adolescence » va sortir bientôt. J’ai participe à la rédaction de ce livre de façon très minime en écrivant un paragraphe sur la pornographie et son influence sur les adolescents, sous la direction de Marie-Aude Boislard, Ph.D. En voici donc l’extrait. si le livre vous intéresse, son lancement  a lieu le lundi 10 Novembre.

la psychologie des adolescents

« La psychologie de l’adolescence
Sous la direction de Michel Claes et Lyda Lannegrand-Willems
lundi 10 novembre 2014 à 17 h
Département de psychologie de l’Université de Montréal
Pavillon Marie-Victorin — Salon Noël-Mailloux (D-427)
90, avenue Vincent d’Indy
prix de lancement du livre: 35$ »

La pornographie.

La  majorité  des  adolescents  ont  été  exposés  à  la  pornographie dans la dernière année, parfois non intentionnellement, par des fenêtres intempestives ou du courrier indésirable. Au Canada, l’âge moyen de la première exposition semble se situer autour de 12ans pour les garçons et de 13ans pour les flles (Poulin, 2009). L’âge de la première exposition pornographique peut avoir de multiples efets. Par exemple, Poulin (2011) a observé que plus un adolescent consomme de la pornographie tôt, plus il aura tendance à vouloir reproduire les pratiques sexuelles auxquelles il a été exposé, et plus il risque d’en consommer régulièrement et fréquemment. D’autres études suggèrent que lorsque l’exposition à du matériel pornographique survient de façon inattendue et brutale, certains adolescents expérimentent des cauchemars, des angoisses et davantage d’inquiétudes face à leur propre sexualité. De plus, la pornographie véhicule des stéréotypes tels que l’instrumentalisation du corps féminin et la focalisation sur le plaisir masculin pouvant modeler les représentations génitales et sexuelles, particulièrement chez les jeunes les plus vulnérables. Les représentations corporelles féminines y sont d’ailleurs de plus en plus éloignées de la réalité (Schick, Rima et Calabrese, 2010). Il n’est donc pas surprenant que la consommation de pornographie soit corrélée négativement à l’estime de soi, surtout chez les flles. Or, plus l’estime de soi des jeunes flles est faible, plus celles-ci risquent d’être précoces sexuellement (Boyce et al., 2002).

En outre, les adolescents de sexe masculin qui consomment du matériel pornographique sur une base régulière ont davantage d’expériences sexuelles, de partenaires d’un soir et de relations sexuelles dans un cadre non amoureux que ceux qui en consomment occasionnellement ou pas du tout (Mattebo, Tyden, Haggstrom-Nordin, Nilsson et Larsson, 2013). La consommation régulière de pornographie est également associée à davantage de croyances soutenant la violence envers les femmes et le « mythe du fantasme du viol » (Vega et Malamuth, 2007), une association qui s’avère encore plus prononcée lorsque le matériel visionné comprend des scènes de violence sexuelle (Kingston, Malamuth, Fedorofet Marshall, 2009). Pris ensemble, ces résultats, combinés avec ceux d’une méta-analyse sur la question, montrent que la consommation de pornographie est liée aux attitudes endossant la violence envers les femmes (Kingston et al., 2009; Oddone-Paolucci, Genuis et Violato, 2000). Bien qu’une minorité d’adolescents traduiront ces attitudes en gestes, une grande consommation de matériel  pornographique  est  davantage  associée  à  des  comportements autorapportés de coercition sexuelle et d’abus sexuels (Malamuth, Addison et Koss, 2000; Vega et Malamuth, 2007).

Certains auteurs estiment toutefois que la pornographie peut entraîner des gains à l’adolescence, comme de permettre le transfert du désir vers des cibles moins menaçantes que les objets réels (Bidaud, 2005), de procurer  des  informations  accessibles  –  quoique  souvent  biaisées  et inexac tes – sur la sexualité et l’anatomie, et de se rassurer sur sa propre sexualité et son corps pubère (Hayez, 2009). Les sous-groupes sexuels étant surreprésentés dans le matériel pornographique, certains saluent l’« efet  normalisateur »  de  la  pornographie  pour  certaines  pratiques sexuel les considérées comme plus marginales, permettant ainsi aux adolescents qui en sont friands de se sentir moins stigmatisés et coupables (Hayez, 2009). Néanmoins, le phénomène de l’extrême accessibilité de la pornographie (gratuite) étant relativement récent, d’autres études sont nécessaires pour en dégager les efets sur la sexualité des jeunes, à court et à long terme, ainsi que les variables qui modulent et expliquent ce lien.La religion. Une faible religiosité a été associée à une transition plus précoce à une vie sexuelle active et à un usage moins systématique du condom. Globalement, il semble que ce ne soit pas les allégeances religieuses en tant que telles qui retardent les débuts sexuels des adolescents, mais plutôt leur propre engagement et celui de leurs amis dans des activités pastorales et ecclésiastiques, particulièrement chez les adolescentes non caucasiennes (Zimmer-Gembeck et Helfand, 2008).

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