Diana Gabaldon, spousal abuse, rape culture, and how i fell for it all…

I confess… I read Outlander, from Diana Gabaldon. Cheap literature for sure, it has a way of stirring emotions one might think sleeping. But i’m not ashamed of the cheapness of it all… after all, one does need to rest. I am ashamed because, i chose to reread it, even though i had already been through the beating and the raping, passed as love, and necessary to the story, passed as deserved, and altogether enjoyed… I had read it all once, and I chose to reread it anyway… And today, i triggered myself , again! I cried for hours, over 3 pages of a cheap book. I thought at first I was having an overreaction… Perhaps my feminism was becoming too consuming, and had made me overly sensitive… And then it hit me: the Protagonist beat his wife. No matter how you put it, the protagonist beat his wife. And we are supposed to like him anyway (as the heroine of the book goes on doing a day later). He then goes on to rape her, several times, and the author expects us to be aroused, because it’s told in a sensual way… appealing to our Bdsm fantasies. in fact, Claire, the heroine, admits she enjoyed it. Although that’s not impossible, it’s not an excuse. Consent was clearly denied, several times. She even mentioned that she was in pain, and ardently wished him to stop. but that only serves to prove to the reader how little the author gives credit to women’s voices. Passing rape as glamorous, and a proof of love. Furthering Rape-Culture… I am not at fault here. I am not overly sensitive. I understand what historical context means. I also know that it is possible to place the setting of a story without using (more) violence against women… We know that violence against women may have been more tolerated then, but it was not as rampant as the author would have us believe, (or her defenders for that matter).

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As there is now a TV series for that book, it’s not a matter of simple preference anymore. More people will be exposed to it, and it will be normalized. It will pass as romance, where it is simple and clear abuse. With movies like 50 shades of Grey that seem to many women like the epitome of romantic, and erotic , although consent is never clearly given, the games are dangerous (because done with a clearly uninitiated partner who does not know the consequences of the acts), boundaries are disrespected, and her will is disregarded many times over. With songs from Maroon 5, (and it hurts me to say this, because i love their music) like Animals, that romanticizes stalker behaviors, and implies that the words of a women are not actually what she means. With songs like blurred lines, that imply that consent is not actually necessary, and that a « good girl » is a girl that will put out… I am afraid of the direction we are headed again… I am afraid of my own willingness to forgive the book protagonists (violent rapists) for mere entertainment. I am afraid for younger women, who may read or watch this, and yearning for their own romantic stories, settle for this kind of behavior believing it to be love…

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I am afraid for the BDSM community, that may be associated to these behaviors, and attract people who again, lack the experience to understand the difference between Rape and Rape-play (i.e. consent…), the difference between rough body play, and physical abuse (i.e. a clear understanding of limits, boundaries, safety, and again… consent), the difference between submitting willingly to a partner one is respected by, and psychological abuse (i.e. not the desire to please, but the desire to hurt). Beyond that community, many people may not wish any harm to others, and yet scar them for life , having been socialized by these images and values.
So no… Diana Gabaldon… I do not forgive you. I do not accept your meager explanations. I am not « too young to understand »…

http://www.lightspeedmagazine.com/nonfiction/interview-diana-gabaldon/
http://www.ew.com/article/2014/01/10/outlander-tca
http://persephonemagazine.com/2013/05/outlander-diana-gabaldons-abusive-romance-may-come-to-tv/
http://talkinreckless.com/2010/02/03/romancing-rape-culture/

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S’il fait la vaisselle, fais-lui une fellation…

J’ai pour règle de ne jamais poster quelque chose sur mon facebook si je ne suis pas d’accord avec le message. Je ne poste pas non plus quelque chose si je ne trouve pas de références citées dans l’image, ne serait-ce que pour donner le crédit à l’artiste qui a fait l’image, ou qui a prononcé la phrase. de façon générale, il est préférrable de ne pas partager une image qui soutient qu’elle cite un grand penseur, ou philosophe sans la référence, car il est facile de faire parler une tête. il existe plusieurs types d’autorité, et l’autorité de l’expert est un des types d’autorité les plus puissantes. en effet, lorsque quelqu’un qui porte un uniforme vous parle, vous aurez tendance à accepter ce qu’il vous dit, et à obéir aux ordres. Sans même vous poser la question de savoir si cette personne sait de quoi elle parle, ou si elle a même réellement le titre que vous lui avez assigné.

L’expérience Milgram, résumé ce phénomène. Si vous étudiez en psychologie, vous savez de quoi je parle. Il est impossible de l’avoir manqué. Cette expérience consistait en gros à placer des gens dans une situation où ils devraient appliquer une punition à un autre participant, lorsque ce participant donne une mauvaise réponse à un questionnaire. Une personne en uniforme donne les questions,  (ou pas selon le groupe) , et donne simplement l’ordre aux participants de donner la punition (de plus en plus fort, jusqu’à une dose mortelle) au participant qui répond aux questions. Ce que les participants qui punissent ne savent pas, c’est que tous les autres sont des acteurs. Le participant qui répond aux questions ne reçoit pas réellement de chocs electriques, et le docteur n’est qu’un étudiant en psychologie. Ce que l’on a remarqué après cette étude, c’est que les participants avec qui un étudiant en uniforme restait, et posait les questions, avaient tendance à aller jusqu’à la dose léthale, malgré la conscience que celle-ci était léthale. Même chez les participants qui étaient laissés seuls, ceux-ci ayant reçu l’ordre de continuer, une bonne majorité continuaient jusqu’à la fin de l’expérience (Milgram, 1963). Le pouvoir de  l’autorité est si puissant que nous ne nous posons plus de questions. Nous obéissons, même si nous savons que nos décisions peuvent avoir des conséquences néfastes sur les autres.

voici une vidéo d’une réplique de l’expérience Milgram plus récente: https://www.youtube.com/watch?v=8mpAbig8ttY

Et c’est donc pour ça que j’ai tendance à ne pas poster ces images où l’on fait parler n’importe qui nimporte comment.

Mais ce matin, je n’ai pas pu m’en empêcher. Il fallait que je montre au monde à quel point les progrès que nous pensons avoir fait ne sont en réalité parfois que des mirages. De trop petites victoires.

10375037_762310470508352_1364709772031249206_nà première vue, il n’y a pas vraiment de problème avec cette image. Après tout, ca part d’un bon sentiment. Tu fais quelque chose de gentil, je fais quelque chose de gentil pour toi en retour… Mais je n’ai pas réussi à sourire en regardant cette image. Il y a énormément d’éléments qui m’ont troublée.

Le premier élément qui m’a dérangée, c’est le Nice enough to do the dishes… Nice enough to do the dishes. Ceci implique donc que faire la vaisselle n’est pas le rôle normal que l’on attende d’un homme. Un homme normal, pas forcément gentil ni méchant ne fait évidemment pas la vaisselle. Et comme quelqu’un doit bien la faire, ce sera à vous de la faire. Impliquer qu’il est suffisement gentil pour la faire, c’est impliquer qu’il VOUS rend un service. Sinon, quel différence cela ferait-il pour vous que quelqu’un fasse quelque chose pour quelqu’un d’autre… vous avez vos propres problèmes. Non, cette phrase remet bien dans son contexte l’idée que nos rôles sont séparés. Qui plus est, ce n’est pas comme si c’était un conseil ouvert, à n’importe qui. parce qu’après tout, c’est vrai, je vais vous faire une confidence, Moi, je ne fais pas la vaisselle. Je ne la fais JAMAIS. et donc, de temps en temps, je pourrais remercier mon petit ami qui est suffisement gentil pour faire la vaisselle TOUS les jours (alors que je ne fais pas plus de tâches ménagères autres que la vaisselle, et qu’il travaille à temps plein). C’est vrai, remarquer les efforts pour rendre la vie harmonieuse d’une personne , ce n’est pas une mauvaise chose, c’est même conseillé!! Jessica Padykula nous rappèle que, de ne pas prendre son partenaire pour acquis, permet de garder une relation fraiche, et saine. cela permet aussi d’augmenter vos capacités d’écoute et d’empathie  (Padykula, 2014). Cependant, ce n’est pas ce que cette phrase impliquait. Cette phrase s’adressait aux femmes, pour les hommes. spécifiquement (« Ladies »). Cette phrase rappelait à la femme quel était son rôle.

La deuxième chose qui m’a dérrangée, c’est l’idée que le fait d’être gentil vous mérite nécessairement de la sexualité. Ceci nous renvoie au mythes du Friendzone. Le friendzone c’est cette idée que les femmes, cruelles tentatrices, vous relèguent au rang d’amis alors que vous avez fait tout ce qu’il fallait pour mériter de la sexualité (cette définition marche aussi dans le sens du graçon, cruel tentateur etc). C’est problématique car cela implique que quelqu’un vous doit de la sexualité. que si vous faites tout ce qu’il faut, à un moment donné, vos efforts vont payer. Cela renforce l’idée que les actes doivent être récompensés, que le sexe se paye. Après des tueries comme celle du jeune garçon qui a tué plusieurs jeunes filles dans son école, après avoir posté des vidéos où il crachait sa haine des fille de son école parce que celles-ci ne voulaient pas coucher avec lui. Ce jeune garçon était tellement persuadé que les femmes lui devaient de la sexualité, que sa rage l’a poussé à tuer plusieurs personnes. On ne mérite rien en sexualité. Une femme n’a pas a justifier de ne pas vouloir coucher avec un homme (et vice versa). Vos actes, peu importe combien agréables, ne sont pas un paiement pour de la sexualité. Personne ne doit rien à personne. Si , par un joli miracle, la personne que vous appréciez , vous apprécie aussi, le sexe pourra peut-être arriver. Le cas échéant, ce que vous faites ne vous achète en aucun cas un passe VIP pour les parties intimes. Le sexe ne s’achète qu’avec une prostituée, qui en fait son métier, et a choisi de vendre ses charmes (dans les meilleurs cas, malheureusement , la majorité ne l’ont pas choisi, mais c’est un autre sujet). Si c’est ce que vous désirez d’une relation, c’est ce que vous devez aller chercher. Ce n’est pas parce que l’on est gentil avec le serveur du restaurant que celui va accepter de ne pas vous faire payer votre repas. Ce n’est pas parce que vous avez ciré les pompes du patron que celui-ci vous doit une promotion. Vous aurez une promotion quand vous montrerez les compétences requises. Idem ici.

Le dernier point qui est problématique dans cette image, c’est l’idée que la sexualité féminine soit forcément un paiement pour quelquechose. Comme s’il était impossible qu’une femme veuille avoir une relation sexuelle spontanément, et que celle-ci ne soit pas faite en échange d’autre chose. L’invisibilisation de la sexualité féminine n’est pas nouvelle. Le patriarcat a longtemps travaillé pour invisibiliser la sexualité féminine, par exemple en rendant la masturbation féminine impensable , et symptome d’une maladie mentale (les femmes qui se masturbaient devaient être malades, et donc nécéssitaient d’être enfermées)   (Masson, 2013).  En s’assurant de rendre la sexualité féminine honteuse, et lourdement réprimée, les hommes assuraient la paternité, et le transfer des biens sous le nom masculin. En idolatrant la femme « pure », et en lui opposant la « putain », en ne choisissant d’épouser que la femme « pure », l’homme assurait que les conséquences d’une sexualité féminine seraient si graves que celles-ci choisissent elle-même de la supprimer (Coontz, & Henderson, 1986). L’invisibilisation de la sexualité des femmes cherche aussi a supprimer leur autonomie. En effet, si une femme n’a pas de sexaulité, celle-ci n’a pas besoin d’aller en chercher. Elle reste passive, puisqu’elle n’en a pas envie. L’homme garde le rôle actif. cette dichotomie renforce les rôles de genre  (Lerner, 1986). L’invisibilisation passe aussi par une vision infantile de la femme (perte de tous poils, taille fine et petite, cheveux blonds comme la jeunesse). En gardant la femme idéale comme une femme passive et enfantine, on s’assure de rendre inacceptable des femmes qui se comporteraient comme des hommes, et qui donc remettraient en cause la hierarchie patriarcale et le statut quo (Chesney-Lind, & Eliason,2006).

Ne vous méprennez pas. Je n’accuse pas les hommes ici. J’accuse tous ceux qui participent à ce système, hommes ou femmes, et qui gardent ce statut quo parce qu’il leur profite à eux personnellement.

Donc cette image m’a beaucoup énervée…

Qu’en pensez-vous?

 

Coontz, S., & Henderson, P. (1986). Women’s work, men’s property: The origins of gender and class. London: Verso

Chesney-Lind, M., & Eliason, M. (2006). From invisible to incorrigible: The demonization of marginalized women and girls. Crime, Media, Culture, 2(1), 29-47.

http://thoughtsonliberty.com/elliot-rodger-killed-six-people-because-women-wouldnt-sleep-with-him-now-what

Lerner, G. (1986). The creation of patriarchy. New York: Oxford University Press

Masson, J. M. (2013). A dark science: Women, sexuality and psychiatry in the nineteenth century. Untreed Reads.

Milgram, Stanley (1963). « Behavioral Study of Obedience ». Journal of Abnormal and Social Psychology 67 (4): 371–8. doi:10.1037/h0040525.PMID 14049516. as PDF.

Padykula, J., (2014). How to stop taking your partner for granted and appreciate your mate, Canadian Living. récupéré de : http://www.canadianliving.com/relationships/love/how_to_stop_taking_your_partner_for_granted_and_appreciate_your_mate_3.php