Assistance sexuelle? Mais qu’est-ce donc?

Assistance sexuelle

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Un des documentaires les plus parlants sur l’assistance sexuelle est probablement Scarlet Road,  qui traite de  Rachel Wotton, une travailleuse du sexe australienne. Elle est spécialisée dans le service aux personnes handicapées. Elle estime que le contact humain et l’intimité sexuelle peuvent être une thérapie vitale et contribuer à reconstruire l’estime de soi. Journal intime d’une femme qui pousse à regarder au-delà des limites du handicap pour mieux comprendre le besoin d’intimité partagé par tous.

Que l’on soit pour ou contre, la question laisse rarement de glace. Les implications d’une telle legislation peuvent aller beaucoup plus loin que la communauté des personnes ayant un handicap.

Parlons tout d’abord des différentes définitions que peuvent prendre l’assistance sexuelle :

Selon Santé-Médecine, un site de vulgarisation des diagnostiques médicaux, l’assistant sexuel est chargé d’apporter à un client, malade ou handicapé, des sensations à caractère sexuel. Les actes pratiqués par l’assistant sexuel vont de simples caresses à des rapports avec pénétration. Toute implication affective doit être évitée.

Selon Cali Rise, en 2006, le métier d’assistant sexuel consiste à apporter une réponse concrète à ceux qui souffrent de solitude sexuelle car leur maladie, ou handicap, les empêche de connaître les plaisirs de la sexualité. L’aide apportée peut aller depuis de simples massages jusqu’à une vraie relation sexuelle.

Bien que la deuxième définition Touche l’acte en tant que tel, et évite les sentiments, la définition de Rise Semble mentionner la notion de besoins, et ceux-ci peuvent manifestement être émotionnels. Aucune des deux définitions ne mentionne un paiement quelconque, mais plutôt un service. Dans certains pays, ce service existe déjà. Par exemple : aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Autriche et au Danemark. Dans l’Europe de l’ouest-centre donc, l’assistance sexuelle semble être acceptée. Ce sont aussi des pays qui ont légalisé la prostitution. Les deux ne semblent pas aller l’un sans l’autre, puisque d’autres pays comme la France et le Québec, eux ne considèrent légal ni la prostitution, ni l’assistance sexuelle.

Pour la majorité des professionnels de la santé, cette définition claire est particulièrement importante. En effet, les risques de ne pas définir l’assistance sexuelle peuvent mettre beaucoup de patients et de professionnels dans des situations embarrassantes, sinon dangereuses. Les professionnels de la santé ne consentent pas forcément à avoir des relations sexuelles avec leurs patients aussitôt qu’ils ont leur diplôme, mais si ces définitions sont trop floues, les attentes des patients envers les intervenants de santé peuvent créer des tensions désagréables dans les relations professionnelles. Qui plus est, certains professionnels pourraient tirer avantage de certaines personnes en justifiant leurs actes par le besoin de certaines personnes d’avoir une relation sexuelle avec un professionnel. La relation de pouvoir entre un intervenant et un patient qui pourrait s’installer alors ne serait pas forcément particulièrement saine.

Au québec pour l’instant, les infirmières et les intervenants de santé ont des règles très strictes quant il en vient aux relations avec leurs patients :

  1. Les limites dans les relations professionnelles : (Ordre des Infirmières du Québec, 2014)
  2. échanger son affectation de poste avec une collègue afin de s’occuper d’un client en particulier;
  3. planifier sa journée de façon à passer le plus de temps possible avec ce client, sans égard à ses besoins de santé, et lui accorder plus d’attention que nécessaire;
  4. ne pas partager des renseignements au sujet du client avec les autres membres de l’équipe, entre autres les sentiments qu’éprouve ce dernier à son égard;
  5. cacher à l’équipe ses propres sentiments à l’égard du client;
  6. penser souvent à lui, même en dehors du travail;
  7. se considérer comme le soignant le plus approprié pour favoriser son rétablissement;
  8. soigner davantage sa tenue vestimentaire afin de lui plaire;
  9. être sur la défensive lorsqu’une personne pose des questions à propos de ce client et agir de façon possessive envers lui;
  10. partager des renseignements personnels avec le client.
  1. Quels sont les services offerts par des assistantes sexuelles?

Les assistants sexuels n’offrent pas tous les mêmes services. La rémunération des assistants et assistantes peut donc dépendre du service fourni, et de la formation de l’assistante elle-même. Parfois, l’assistant peut aider un couple à avoir des relations sexuelles. Par exemple, un couple de personnes ayant un handicap physique lourd peuvent avoir du mal à se placer dans différentes positions. L’assistant sexuel peut alors, à la discrétion du couple, et de la sienne, rester avec eux pour les placer et s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes durant la relation.

D’autres assistants sexuels peuvent aller un peu plus loin dans l’implication physique et procurer de la sensualité physique légère, comme des caresses, ou un toucher corporel plus important comme des câlins. Ce service est particulièrement  utile pour les personnes qui ont perdu leurs fonctions génitales, ou simplement la sensation de plaisir dans les régions génitales. Les zones érogènes sont diverses et ont tendance à se développer lorsque d’autres parties du corps sont moins sensibles. En voici quelques exemples :

Les zones érogènes primaires : Lorsqu’elles sont excitées, ces zones érogènes mènent à l’orgasme. Ce sont le clitoris et le vagin chez la femme, le gland et la verge chez l’homme (Sexologies Québec, 2015).

Les zones érogènes secondaires : Grâce aux caresses, ces zones déclenchent l’excitation des zones érogènes primaires, et augmentent le plaisir sexuel. Ce sont le pubis, les fesses, les petites et grandes lèvres, l’entrée du vagin, de l’anus et du périnée et les mamelons chez la femme; la verge, les testicules et l’intérieur des cuisses chez les hommes (Sexologies Québec, 2015).

Les zones érogènes potentielles : Elles déclenchent des sensations excitantes et entraînent la stimulation des zones primaires.

Ces zones érogènes potentielles varient d’une personne à l’autre. (cou, oreilles, pieds, …) (Sexologies Québec, 2015)

Le dernier service est la relation sexuelle complète, potentiellement avec pénétration, et ce service, un peu plus rare, coute non seulement plus cher, mais il dépend des limites de l’assistant et du client.

La deuxième question importante dans le cadre de l’assistance sexuelle est celle de la formation du professionnel. En effet, la situation physique de certaines personnes ayant un handicap nécessite une certaine formation en santé. Les pratiques sexuelles adaptées aux différents problèmes que peuvent rencontrer les personnes ayant un handicap ne sont pas forcément dans quelconque curriculum enseigné, incluant la sexologie.

Les institutions où sont vivent parfois les personnes ayant un handicap n’acceptent pas forcément les rapprochements physiques, ce qui est une barrière de plus à la possibilité d’un assistanat sexuel.

La formation de l’assistant sexuel doit aussi aborder le fait de poser des limites claires, pour qu’il ne se crée pas de dépendance affective. En effet, la sexualité répond souvent à des besoins physiques et affectifs, mais dans le cadre d’une relation professionnelle, il faut bien faire attention à avoir des limites claires pour que cette relation reste en effet professionnelle, et qu’il n’y ait pas d’abus.

Une connaissance légale est aussi importante, pour ne pas être pris dans des débouchés qui ne sont pas forcément désirables.

  1. D’autres questions arrivent alors.

L’assistance sexuelle est-elle bonne sur le long terme? Les assistants eux-mêmes peuvent-ils le faire longtemps? Ce service devrait-il être bénévole? Ces questions restent pour l’instant sans réponse, et font l’objet de débat.

L’OMS décrit la santé sexuelle comme  » un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité. Elle ne constitue pas uniquement en l’absence de maladie, de dysfonction ou d’infirmité. La santé sexuelle implique 30 Organisation Mondiale de la Santé 20 / 20 une attitude positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles ainsi que la possibilité de vivre des expériences sexuelles épanouissantes et sûres, sans contraintes, discrimination et violence. Pour que la santé sexuelle puisse être atteinte et maintenue, il est nécessaire que les droits sexuels de toutes les personnes soient respectés, protégés et qu’ils puissent être comblés »

Selon cette définition, l’assistance sexuelle pour des personnes qui ne peuvent pas avoir accès à une sexualité autrement est une question de santé.  Cependant, les aspects émotionnels ne sont pas nécessairement comblés.

Mais une des barrières les plus importantes envers l’assistance sexuelle est la perception de la société envers la sexualité des personnes ayant un handicap. La plupart des gens préfèrent voir les individus ayant un handicap comme des personnes asexuées, ou incapable de soutenir une sexualité. La fragilité physique est parfois étendue dans la perception de l’entourage jusqu’à  une fragilité émotionelle.  Du personnel soignant, à la famille même de la personne, une couverture de protection se forme, et freine tout accès à une sexualité.  De par ces freinages sociaux, le handicap physique peut emmener un certain isolement, et donc un handicap social. L’assistance sexuelle pourrait donc être une façon de se réapproprier son corps, ainsi que son indépendance.
Le film l’amour pour tous résume bien la situation en Europe.

On peut le retrouver sur ce lien : http://www.afmproductions.fr/nos-films/Citoyennete/L-Amour-pour-tous

Si le sujet vous intéresse, il est donc possible de regarder plusieurs films, et de lire des sites internet sur le sujet. Le groupe Moelle épinière et Motricité du Québec organise des rencontres pour promouvoir le droit à l’assistance sexuelle, et Jeannette Bertrand, elle, s’y oppose fermement.

Le court métrage « Prends-moi », offre aussi la perspective d’un préposé aux services qui vient en aide à un jeune couple.

http://unis.ca/soiree-du-court-metrage/?e=na589od5rnswp

  • ACTEUR: ALEXANDRE VALLERAND
  • ACTEUR: MANI SOLEYMANLOU
  • ACTEUR: MAXIME D. POMERLEAU
  • PRODUCTEUR: FRANÇOIS BONNEAU
  • RÉALISATEUR: ANAIS BARBEAU-LAVALETTE
  • RÉALISATEUR: ANDRÉ TURPIN

Cali Rise, (2006) « L’amour handicapé, des amoureux comme les autres », Entretien avec Isa et Staral.

Prends-moi snapshot

Ressources sur internet et associations :

http://www.comeasyouare.com/sex-information/sex-and-disability/sex-and-disability-resources/

http://www.franceo.fr/emission/scarlet-road/diffusion-du-02-02-2014-15h10

http://www.afmproductions.fr/nos-films/Citoyennete/L-Amour-pour-tous

http://sexhi.msh-lorraine.fr/uploads/media/Memoire_Lise_Moreau_complet.pdf

http://unis.ca/soiree-du-court-metrage/?e=na589od5rnswp

Homosexualité et handicap

En Amérique du nord, à peu près 10% de la population est homosexuelle, et à peu près le même pourcentage a un handicap. Il est donc aisé de conclure que 10% des personnes homosexuelles sont aussi handicapées, et vice versa (O’Toole, & Bregante, 1992; Limbrick, 2009). Dans la communauté homosexuelle, la version des hommes est souvent beaucoup plus entendue. La communauté gai fait en effet plus de bruit, et prend plus de place que la communauté lesbienne. Les études sur les hommes homosexuels vont par milliers, mais les études sur les lesbiennes peut-être par centaines. De la même façon, les études sur les personnes ayant un handicap se concentrent plus souvent sur les hommes que sur les femmes. Être une femme lesbienne fait donc souffrir d’une double invisibilité aux yeux de la société, et des chercheurs. La majorité des femmes lesbiennes ayant un handicap ont malheureusement souvent peu ou pas d’emploi, et donc peu ou pas de revenu et sont socialement stigmatisées. Pour écrire cet article, j’ai recueilli le témoignage de deux femmes, afin d’illustrer les propos et faits des études qui vont être citées. Cependant, les deux femmes resteront anonymes, et j’ai par conséquent changé leurs noms. La première femme à laquelle j’ai parlé, Jeannine, a 32 ans, et a une amyotrophie spinale, diagnostiquée très tôt. Malgré une éducation celle-ci ne peut pas travailler, et se trouve par conséquent légèrement isolée. A Cause de sa maladie, celle-ci éprouve quelques difficultés à sortir de chez elle. La deuxième femme, Martine, a 50 ans, et ne travaille pas non plus. Son diagnostic a été fait plus tard dans sa vie, mais il commence à peser sur ses capacités physiques, et emmène énormément de fatigabilité. La plupart des personnes ayant un handicap physique peuvent se retrouver à vivre chez leur parents ou avec leur famille, ce qui est le cas des deux femmes interrogées. Un cadre familial freine souvent des relations amoureuses, de par le fait que les parents n’ont pas forcément envie de sexualiser leurs enfants, et que de vivre chez ses parents peut beaucoup mettre du poids sur l’autonomie, et la sensation d’autonomie.

Lorsque l’on s’en tient à la communauté homosexuelle, celle-ci propose et soutient des standards de beauté relativement élevés et difficile à atteindre. Ces standards priorisent la jeunesse, la beauté traditionnelle, particulièrement caucasienne, et au corps sans handicap (Limbrick,2009). Bien que dans la communauté lesbienne, les standards de beauté soient moins similaires aux standards de la communauté hétérosexuelle, acceptant plus les rondeurs, les styles vestimentaires alternatifs et les rôles de genres plus fluides, le handicap est tout de même moins facilement accepté par cette communauté (Hammidi, & Kaiser, 1999). Les deux femmes interrogées mentionnaient entre autre la crainte de rencontrer d’autres lesbiennes en personne, de peur du jugement et des stéréotypes entourant les personnes handicapées, et avaient même peur d’engager une conversation avec d’autres lesbiennes par peur d’avoir à mentionner qu’elles avaient un handicap. Cette limitation enferme d’autant plus ces deux femmes et beaucoup d’autres dans  un isolement qui est particulièrement néfaste à la santé mentale des personnes ayant un handicap (Kawachi, & Berkman, 2001). L’isolement a particulièrement tendance à rendre les dépressions beaucoup plus profondes et toxiques. Lorsque les personnes homosexuelles et avec un handicap se retrouvent dans ces situations d’isolement, et potentiellement avec des besoins de services médicaux pour traiter une dépression, celles-ci peuvent se voir sans recours. En effet, les services de santé sont beaucoup plus axés envers les hommes blancs sans handicaps (O’Toole,  & Bregante, 1992). Le personnel de la santé a tendance à éviter les questions en lien avec la sexualité, et s’ils le font, ce n’est que pour parler de contraception. Les femmes lesbiennes, et avec un handicap ne se sentent pas forcément concernées par ce sujet, et désireraient probablement parler d’éléments différents avec les professionnels. Celles-ci, ne ressentant pas forcément une ambiance favorable à la divulgation de leur homosexualité, ne reçoivent pas les services qui leur seraient nécessaires. Martine a vécu ce même problème. Ressentant un environnement particulièrement hétéronormatif (soit partant du principe que tout le monde est hétérosexuel, et ne résolvant que des problèmes typiquement héterosexuels) , celle-ci ne divulgue que rarement son homosexualité de peur d’être jugée par les professionnels de la santé. Martine mentionne de surcroit que lorsqu’elle le divulgue, les femmes peuvent se sentir menacées et penser qu’elle est « une perverte obsedée sexuelle ».

Les familles des personnes homosexuelles et ayant un handicap ne sont pas non plus hors du coup. Les familles peuvent être elles-mêmes victimes du stigma autour du handicap et de l’homosexualité, mais elles peuvent en faire preuve elle-même. En effet, même une famille de personne homosexuelle, qui selon toute logique devrait comprendre le poids du stigma autour des personnes homosexuelles, et faire preuve d’empathie pour les personnes ayant un handicap, peuvent elles-mêmes rejeter le partenaire ayant un handicap de leur enfant. Jeanine a vécu ce problème lors de sa relation précédente. La famille de sa compagne n’approuvait pas du tout que celle-ci sorte avec une personne ayant un handicap (http://www.myhandicap.com/gay-lesbian-disability.html ; O’toole, & Bregante, 1992).

Il se peut que ces résistances soient dues aux mythes entourant les personnes homosexuelles ayant un handicap. En effet, les femmes ayant un handicap sont tout de suite considérées comme hétérosexuelles , ou même asexuelles. Certaines personnes pensent que les personnes handicapées ne peuvent pas soutenir des relations sexuelles, et que celles-ci seraient trop fatigantes. D’autres considèrent que les personnes ayant un handicap devraient ressentir de la gratitude lorsqu’elles « reçoivent une relation sexuelle », que les femmes ayant un handicap ne peuvent pas être des mères, et que si elles le sont, elles doivent être de mauvaises mères. D’autres encore pensent que la relation entre une personne n’ayant pas de handicap et une personne ayant un handicap est forcément inégalitaire et sous le contrôle de la personne n’ayant pas de handicap (Limbrick, 2009 ; O’toole, & Bregante, 1992). Ces mythes peuvent avoir des effets dévastateurs sur les personnes ayant un handicap. Les mythes peuvent être intériorisés, donc les individus peuvent penser que ces mythes sont vrais pour eux-mêmes. La sexualité est ignorée dans la sphère médicale, et pourtant la sexualité des personnes ayant un handicap est directement liée au soin qu’ils reçoivent. Il est plus difficile de rencontrer une ou un partenaire, et certains individus peuvent parfois essayer de faire semblant qu’ils ne sont pas handicapés.  Ceci peut, à son tour, contribuer à rabaisser l’estime de soi des individus qui se cachent.

Le coming out des personnes ayant un handicap et homosexuelles peut parfois être un double coming out. Les personnes ayant un handicap qui font leur coming out à leur famille attendent souvent d’avoir eu leur première relation sexuelle, comme cela a été le cas de Jeannine et Martine. Cependant, la majorité rapportent ne pas avoir de difficulté à le faire. Martine et Jeannine n’ont pas eu de mal à faire leur coming out, et on ressenti du soutien de la part de leur famille, jusqu’à une certaine limite. Un coming out sans problèmes est important pour la santé mentale et la sexualité future des individus qui le vivent. Ceux-ci peuvent ainsi faire confiance aux membres de leurs familles, et aux prochains partenaires à qui ils devront faire un coming out.

Il y a donc plusieurs conseils qui peuvent être utiles aux personnels de la santé, ainsi qu’aux personnes entourant l’individu homosexuel et ayant un handicap :

Les médecins et professionnels de la santé devraient :

  • Poser des questions directes
  • Prendre un historique social et sexuel
  • Assister les individus à identifier un réseau de support
  • Répondre ouvertement
  • Les individus veulent des soins, pas de l’interférence
  • Il y a plusieurs types de familles, qui incluent un partenaire important et un réseau d’entraide
  • La confidentialité est importance

Les personnes autour de l’individu devraient :

  • Demander comment la personne se décrit
  • Poser des questions sur le style de vie et les désirs (plutôt que de les prendre pour acquis)
  • Les individus sont pour la plupart des gens normaux qui veulent être traités comme des gens normaux

Il peut être aussi bénéfique d’avoir des conseils pour rencontrer lorsque l’on est homosexuel et handicapé. En voici quelques un :

  • Les sites de rencontre spécialisés
  • Les bars dans la communauté
  • Dans des lieux spécialisés dans la communauté
  • En étant sélectif dans les partenaires potentiels
  • En étant honnête dans ce que l’on recherche

Hammidi, T. N., & Kaiser, S. B. (1999). Doing beauty: Negotiating lesbian looks in everyday life. Journal of lesbian studies, 3(4), 55-63.

Kawachi, I., & Berkman, L. F. (2001). Social ties and mental health. Journal of Urban health, 78(3), 458-467.

limbrick, (2009). Eww “one of them”…! On being gay and disabled. Team around the child. Récupéré de http://www.teamaroundthechild.com/issue/issue-number-6/169-lead-article-eww-one-of-them-on-being-gay-and-disabled.html

O’Toole, C. J., & Bregante, J. L. (1992). Lesbians with disabilities. Sexuality and disability10(3), 163-172.

http://www.myhandicap.com/gay-lesbian-disability.html

Diana Gabaldon, spousal abuse, rape culture, and how i fell for it all…

I confess… I read Outlander, from Diana Gabaldon. Cheap literature for sure, it has a way of stirring emotions one might think sleeping. But i’m not ashamed of the cheapness of it all… after all, one does need to rest. I am ashamed because, i chose to reread it, even though i had already been through the beating and the raping, passed as love, and necessary to the story, passed as deserved, and altogether enjoyed… I had read it all once, and I chose to reread it anyway… And today, i triggered myself , again! I cried for hours, over 3 pages of a cheap book. I thought at first I was having an overreaction… Perhaps my feminism was becoming too consuming, and had made me overly sensitive… And then it hit me: the Protagonist beat his wife. No matter how you put it, the protagonist beat his wife. And we are supposed to like him anyway (as the heroine of the book goes on doing a day later). He then goes on to rape her, several times, and the author expects us to be aroused, because it’s told in a sensual way… appealing to our Bdsm fantasies. in fact, Claire, the heroine, admits she enjoyed it. Although that’s not impossible, it’s not an excuse. Consent was clearly denied, several times. She even mentioned that she was in pain, and ardently wished him to stop. but that only serves to prove to the reader how little the author gives credit to women’s voices. Passing rape as glamorous, and a proof of love. Furthering Rape-Culture… I am not at fault here. I am not overly sensitive. I understand what historical context means. I also know that it is possible to place the setting of a story without using (more) violence against women… We know that violence against women may have been more tolerated then, but it was not as rampant as the author would have us believe, (or her defenders for that matter).

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As there is now a TV series for that book, it’s not a matter of simple preference anymore. More people will be exposed to it, and it will be normalized. It will pass as romance, where it is simple and clear abuse. With movies like 50 shades of Grey that seem to many women like the epitome of romantic, and erotic , although consent is never clearly given, the games are dangerous (because done with a clearly uninitiated partner who does not know the consequences of the acts), boundaries are disrespected, and her will is disregarded many times over. With songs from Maroon 5, (and it hurts me to say this, because i love their music) like Animals, that romanticizes stalker behaviors, and implies that the words of a women are not actually what she means. With songs like blurred lines, that imply that consent is not actually necessary, and that a « good girl » is a girl that will put out… I am afraid of the direction we are headed again… I am afraid of my own willingness to forgive the book protagonists (violent rapists) for mere entertainment. I am afraid for younger women, who may read or watch this, and yearning for their own romantic stories, settle for this kind of behavior believing it to be love…

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I am afraid for the BDSM community, that may be associated to these behaviors, and attract people who again, lack the experience to understand the difference between Rape and Rape-play (i.e. consent…), the difference between rough body play, and physical abuse (i.e. a clear understanding of limits, boundaries, safety, and again… consent), the difference between submitting willingly to a partner one is respected by, and psychological abuse (i.e. not the desire to please, but the desire to hurt). Beyond that community, many people may not wish any harm to others, and yet scar them for life , having been socialized by these images and values.
So no… Diana Gabaldon… I do not forgive you. I do not accept your meager explanations. I am not « too young to understand »…

http://www.lightspeedmagazine.com/nonfiction/interview-diana-gabaldon/
http://www.ew.com/article/2014/01/10/outlander-tca
http://persephonemagazine.com/2013/05/outlander-diana-gabaldons-abusive-romance-may-come-to-tv/
http://talkinreckless.com/2010/02/03/romancing-rape-culture/

How to react to rejection? (or the feminist guide to relationships)

Hey everyone.

I stumbled across a really interesting piece of conversation today, and i thought i’d share it with you!!

I read this article about the Plight of the bitter Nerd.

This article basically explained how many men, although they may feel left out, and ostracised, are in no way comparable to the plight of women around the world.

It explained how if you come to hate feminism because you feel targeted and undercut, it may be because you are going about it the wrong way, and are blaming external factors on internal ones, or perhaps even have the wrong culprit.

the article is listed Below, by Arthur Chu.

http://www.salon.com/2015/01/10/the_plight_of_the_bitter_nerd_why_so_many_awkward_shy_guys_end_up_hating_feminism/

I loved it.

But as you may have done so yourself, i got lost on the internet limbo of comments.

I wanted to see the reaction of male readers to another male, which to me made a lot of sense, while being compassionate.

I was not disappointed.

At some point though, some people actually started becoming very constructive through their comments!

Two of the commenters started having a conversation about the right way to take on rejection, or relationships as a whole!

Here is the result:

Jon3272

I’ve been thinking about this a lot. Though I lack a STEM orientation, I otherwise fit the stereotypes of a nerd.

There are many women who believe that men should be the head of the house, that boys should be one way and girls another, football for Jon and ballet for Jane; various aspects and degrees of that yuck.

I could never date such a woman. From my own experiences, that’s about the biggest turn off there is. I gather that is representative of my ilk.

Socially awkward young men who do not fit traditional gender roles want to date intelligent, willful, well-educated young woman–feminists. They say to feminist writers, « There isn’t a clear cut way of pursuing romance anymore, and I struggle socially anyway. How do I approach initiating a relationship with feminist women?

And the response is, « Don’t rape women. »

« I had that part down already. I mean, how does romance work under the new paradigm? »

« Stop raping women, you bitter sexist pig. »

This is very alienating. The effect of it is, « Go away. » At first I assumed this stemmed from misunderstanding, but now I think it means exactly what it’s meant to.

Awkward nerdy men want to date intelligent, well-educated feminists. Intelligent, well-educated feminists would rather not date awkward nerdy men. This is quite reasonable, and, I think, my gut already knew.

I would be kinder if this were said bluntly.

Derek736 hours ago

@Kevin J Cunningham @Jon3272  I understand where he’s coming from. It’s less about nerdiness and more about crippling shyness, though. For a LOT of men, particularly the nerdy type, it is extremely difficult to meet women and, when they do, they are often judged as creepy based on little more than their looks and shyness.
Shyness is a MASSIVE turn off for women – a sign of weakness – and as much as many women would like to think they’ve outgrown genetic programming, the vast majority of women still want a mentally/physically STRONG man. Where the women often go wrong, though, is that they expect that strong man to also be deeply n touch with his feminine side.

OchlarchyeL6 hours ago

@Jon3272 If you’re asking stupid questions, you will get stupid answers.

Guys asking for this magic HOW of « initiating a relationship » with or « pursuing » women are asking stupid questions. There is no magic HOW. When you ask how to « initiate a relationship » you’re asking a question that presumes there is a RIGHT THING YOU CAN DO that will get women to say « yes. »

You don’t « initiate » a relationship. That’s not how it works. If you still think it works that way, you’re wrong and you need to figure out how you’re wrong. There is not a « go button » for relationship.

Try initiating a conversation. That’s something you do have the power to press the « go » button on, because all it involves is opening your mouth and saying something:

a) sincere

b) potentially interesting

Now, be aware that it may be a very brief conversation, because shemay not be interested. (This is the principal reason you cannot « initiate » a relationship.)

Asking for the magic HOW is treating women as somehow basically all the same. It’s asking for a guidebook, for a cheat sheet… and it’s basically a manipulative attitude.

If you start seeing individual women instead of The Mythical Woman, each one will tell you in her own terms what it is she’s looking for and whether you might fit the bill. But you do have to talk to them to find out. And you might (probably will) get rejected or let down more often than not. (Ooh, another surprise! It might turn out you’re not interested inthem… which is totally okay, because that’s what happens when you talk to real people instead of dreaming about magic vaginas.)

Jon32723 hours ago

@OchlarchyeL @Jon3272 no

I mean things like, there’s this girl I asked out, and she quite politely declined, and I find I still have a crush on her.

How long must I wait to ask again without seeming pushy? More than just time of course. I don’t interact with her as much now as I did then. That’s an artifact of our class schedules.

Regardless, that comment seemed like a much better idea at 4 am than it does now.

Still, it remains the best explanation I can think of for the complete inability of even the fairest « feminist » writers to accurately report what Aaronson is saying. Not that I agree entirely with Aaronson’s post, but the whole thing amounts to a request for empathy, and Chui writes « there’s no one more resistant to being empathized with than the bitter lonely guy. »

I don’t know how to understand your last paragraph. When you write « Mythical Woman » I think you do not mean Zena. You are making some odd assumptions about me which are incorrect. While I have issues in socializing (fewer every year!) the ability to talk to people, male and female alike, has never been an issue.

I don’t know how to prove to you that I see women as humans. The ways of seeing associated with feminism is something wider than just male-female equality–it’s a paradigm for understanding every aspect of the culture. Yet if I disagree in any way with any of it, however nuanced, I’m a dehumanizing creep who wants magic vaginas.

This is my main complaint.

OchlarchyeL2 hours ago

@Jon3272 @OchlarchyeL Okay, so you’ve been rejected. You have options.

Option 1) Get over it.

This is a wonderfully healthy option, almost always the best option. I don’t know what « quite politely declined » means for you, but the operative word is declined. Honestly, here’s a very concrete bit of advice for you: learn to listen for the difference between « I can’t » and « I won’t » (or « I don’t want to »).

« I can’t » comes in many varieties: I’m busy this weekend so I can’t go on this particular date; I’m focusing on my work right now so it’s not a good time to start dating; I’m in a monogamous relationship (which might not last forever); etc. Any of those, or others, suggest that under changed circumstances she might be interested in going out with you.

If that’s the answer you’re hearing, then she’s telling you « how long you must wait » before asking again. If she was just busy that weekend, you should ask again next week. If she’s focusing on her work… well, when you see her you should ask her about that (since it’s obviously important to her!) and take note of her response — if she’s feeling on top of things and you’re having good conversations, maybe she can fit you in after all. Of course if she’s dating someone else, it would be inappropriate of you to intrude on that until she’s single again (and then you want to wait a respectful amount of time), but maybe some day it will happen. (You might want to loop back to Option 1 again, though: Get over it.)

« I won’t » or « I don’t want to, » however… This is a different story. Despite what you may see in crappy « romantic » movies, women are not prizes who are won over through persistence and determination. If a woman is telling you she’s not interested in you… it’svery, very likely that she’s not going to change her mind. No matter how politely she turns you down.

This is where Option 1) is very important. In fact it’s the most important option you have: get over it. Accept that rejection is a part of life.

If you’re finding that really difficult for some reason, you have other options…

Option 2) Open up, be honest, get a clearer answer.

There is no magic amount of time you should wait before trying this. There is no rule book. My best, honest advice: After being rejected, sincerely try Option 1. Try to get over it. If that turns out to be easier than you thought… maybe you weren’t actually that into her! (It happens.) If it’s hard… if you find that you still have fantasies where she changes her mind, where you think that « politeness » was a way of keeping things « open »… well, sir, you need a clearer answer from her. So you need to ask for it. How long should you wait? That’s on you, not her: wait as long as it takes for you to be reasonably sure Option 1 isn’t working. You need an out (and it actually is kinda creepy to just keep pining after a friend in silence). So tell her: « Hey, remember when I asked you out? Well, that wasn’t just a casual interest… I really like you, and I really want to know if there’s anything there. What do you think, is there a chance? »

I promise you, it is NOT creepy to ask a woman for her honest opinion. It may be hard, and it may even be hard for her (because she’s sensitive and polite), but it’s a better, more respectful, more feminist thing than waiting for magic to happen. And if you lay it out there, chances are she’ll give you a much clearer, much more honest answer. And who knows, it might even be the answer you want to hear! But if it’s not…

… back to Option 1. Listen. Hear. Understand. Accept. Get over it.

Okay, one more choice:

Option 3) Change something.

Like Options 1 & 2, this actually starts with listening. Is she telling you she’s not interested? Why is she not interested? Sometimes, for some (many?) women… she just doesn’t know you that well. So, change that: get to know her better, and let her get to know you.

If it’s anything else (lack of confidence? how you dress? physical appearance? interests / lack of interests? your friends?)… then my advice is, take this opportunity to evaluate whether those are things you would want to change about yourself. Are they? Well hell, then getting a little extra motivation from a sweet, attractive girl isn’t such a bad thing! If she wants a little muscle and you think you could use it, go to the gym! You still may not get that date in the end (back to Option 1!) but you’ll feel better about yourself anyway, and you’ll meet other women… and do better with them, no doubt.

If what she doesn’t like about you is NOT something you’d want to change anyway… if you’re happy with you…

Back to Option 1.

There is no rule. There is no amount of time to wait. The rules are: listen, pay attention, change what is in your power to change but only if it’s a change worth making. Above all, respect her decision as hers and hers alone to make.

If you seem to keep hearing the refrain, « Don’t rape women »… it’s because there aren’t many more « rules » than that, actually. Don’t rape, don’t harass, don’t objectify… don’t assume that your desires need to be met, so hers need to change.

Other than that, LISTEN. If you’re really crushing onthis particular woman, you should very much want to hear and understand what she has to say about herself, about you, about what your chances are.

If you pay attention, it’s pretty clear. You don’t need a cheat code.

Bisexual invisibility and fluidity

I have sent this as a poster proposition to the Journée de la recherche de l’UQTR.

what do you think?

Sexual orientation can be understood through three dimensions. A person is defined as being either heterosexual, homosexual , or bisexual if they have according behaviors, attractions and self-identification . Litterature usually implies that monosexuality is the norm,it  is understood in the literature as the binary nature of orientation, and gender identities. It ignores the possibility of a continuum, or other options outside the binary (Falek, 2013). The literature focusing on bisexuality is less extensive. Bisexuality does not work very well in a monosexual framework. Bisexuality implies an incongruence between behavior and identity when the bisexual individual only has one partner (Mint, 2004). Litterature also usually finds that bisexuality suffers from an invisibility in the media, the measures that melts that orientation within the “minority”, implying that the struggles that bisexuals and homosexuals go through are the same (Barker, & Langdridge, 2008) . One of the reasons bisexuality is so invisible is that the orientation itself is hard to define in terms of behavior, identification, or attractions (Barker, Richards, & Bowes-Catton, 2009). Bisexuality seems to bring forward the question of the fluidity of our orientations. It brings into the definition a fourth dimension: Time. Is what we are influenced by what we were? Although this notion is not new, Ericson being one of the first to bring forth the idea that we tend to try to have a continuity in our identities (Dunkel, 2005; Erikson, 1968), time in orientation is a rather revolutionary notion. It tends to break the understanding we have of orientation as fixed part of our identity. And therefore, it leaves some room for the queer suggestion that categories could be limitative (Sullivan, 2003). This notion is in line with the Lifespan theory (Dunkel, & Sefcek, 2009). The Lifespan Theory gives a good framework for understanding orientation as being a changeable fluid phenomenon, that can move over a lifetime. The term Sexual fluidity arose to answer such questions, but it is still not defined with a consensus. The main author on the subject, Lisa Diamond, covers a big part of the notion with her research and reviews, but it seems that other terms have come up to try to answer the same questions. Within the same terms, several explanations, and definitions seem to appear and the literature may appear slightly scattered. In order to advance the field and get a wide view of what has been done on the subject, to answer the questions mentioned earlier, we will try with this review to summarize the position scholars have taken on sexual fluidity.

 

 

Barker, M., & Langdridge, D. (2008). II. Bisexuality: Working with a silenced sexuality. Feminism & Psychology, 18(3), 389-394.

 

Barker, M., Richards, C., & Bowes-Catton, H. (2009). “All the world is queer save thee and me…”: Defining queer and bi at a Critical Sexology seminar. Journal of Bisexuality, 9(3-4), 363-379.

 

Dunkel, C. S. (2005). The relation between self-continuity and measures of identity. Identity, 5(1), 21-34.

 

Dunkel, C. S., & Sefcek, J. A. (2009). Eriksonian lifespan theory and life history theory: An integration using the example of identity formation. Review of General Psychology, 13(1), 13.

 

Erikson, E. H. (1968). Identity: Youth and crisis (No. 7). WW Norton & Company.

 

Mint, P. (2004). The power dynamics of cheating: Effects on polyamory and bisexuality. Journal of Bisexuality, 4(3-4), 55-76.

 

Sullivan, N. (2003). A critical introduction to queer theory. NYU Press.

 

I love you, and you , and you and…

Il m’arrive de plus en plus d’avoir des conversations avec des personnes autour de moi qui tournent autour de la notion de l’amour. Si l’on en croit Socrate, l’amour est a l’opposé du bonheur. Il ne peut y avoir amour que s’il y a manque, et par conséquent souffrance. Lorsque le besoin est rempli, l’amour s’achève. Platon fait d’ailleurs la différence entre plusieurs types d’amoures (oui, amour , au pluriel, prend un e, comme si l’amour au féminin implique forcement une multitude contre l’amour au masculin qui se suffit dans l’unicité). La Philia, ou l’appreciation pure entre deux personnes de rang egal (soit souvent 2 hommes, manifestement, les seuls capables d’un amour pure), l’eros, ou la luxure, souvent pour le sexe oppose, et l’agape, soit l’amour sans attente de retour  (Ficin, 2002).

Platon nous amene déjà une première notion de la multiplicité des amoures qu’il peut exister. Il mentionne dans le banquet, qu’il est possible pour un meme personne de ressentir ces trois types d’amoures en meme temps, pour des personnes differentes evidemment, puisque certaines personnes elicitent et meritent des affections differentes (c’est a ce point que Platon cesse d’etre seduisant ). La partie la moins séduisante de cette définition, pour moi est que ces sentiments soient fixés sur des partenaires particuliers, ayant des descriptions specifiques, et ne sont en aucun cas liés à la personne qui les ressent en tant que tel. En effet, l’émotion, presque divine n’utilise celui qui la ressent que comme un outil, un medium à travers laquelle exister.

Kant, suivant légèrement Socrates, aurait tendance à nous dire d’éviter l’amour, et à le comprendre comme un danger. L’amour serait l’ennemi de la morale qui, selon Kant, devrait etre  le fondement de la vie (Kant, 1964).

Au contraire, Spinoza nous offre encore une vision de l’amour comme entité entière et indépendante, mais sous un angle beaucoup plus positif. Selon lui, l’amour est la manifestation de la joie à travers le médium imparfait de l’humain (Hampshire, 1956).

Beaucoup d’autres auteurs se sont penchés sur la question de l’Amour. En donnant à l’amour son entité propre, et en le sortant du contexte du personnel, on trouve que celui-ci n’a plus besoin d’un objet. L’amour existe, qu’il se manifeste ou non. Il est omniprésent, et intangible, et utilise l’humain à ses fins.

Je trouve que cette vision laisse la place à la possiblité que le sentiment lui-même puisse donc se manifester de façon diffuse et imprécise, et que ce serait plutot l’humain qui lui donne une intention, qui l’encadre dans le moule limitatif d’une relation.

Revenons donc à nos moutons:

De plus en plus de gens me parlent d’amour, et essaient de lui faire rimer fidélité. Comme si les deux mots ne pouvaient qu’aller de paire.

Ils me demandent s’il est possible d’aimer plusieurs personnes à la fois.

S’ils devraient en parler à leur partenaire.

Si ce sentiment veut dire qu’ils sont infidèles.

Si la mention de ce sentiment à leur partenaire va lui faire du mal…

 

Je ne peux pas répondre à toutes ces questions. Tout simplement parce que je ne peux prédire l’avenir, et que les réactions de chacun n’ont en réalité aucun lien avec les autres. Ce qu’une personne vit à l’intérieur d’elle n’est qu’une réaction de ce qu’elle perçoit en lien avec ce qu’elle a déjà vécu auparavant. Par exemple, il est possible d’être insulté par une phrase qui ne se veut absolument pas méchante ou malicieuse. Et il est aussi possible de ne pas du tout comprendre que quelqu’un essaie de nous faire passer un message (c’est souvent d’ailleurs ce avec lequel  les gens qui utilisent des techniques passives-agressives tentent de jouer).

Je peux, par contre essayer de répondre à la première question: peut-on aimer plusieurs personnes à la fois.

Sternberg a créé un modèle de l’amour à trois dimensions.

triangle de sternberg

Sternberg définit avec ces 3 dimentions 7 Types d’amoures (Sternberg, & Weis, 2006). Sternberg définit d’abord les 3 dimensions comme étant l’intimité, l’engagement et la passion. Il définit l’intimité comme étant  la composante affective de l’amour. Elle concerne les sentiments de proximité, d’attachement, de chaleur humaine, et s’exprime par le besoin de la présence de l’autre avec lequel on se sent en communion. Elle est généralement présente dans les relations familiales et amicales. Sa définition de l’engagement est la composante motivationnelle de l’amour. Elle conduit à l’état amoureux, à l’attirance physique et à l’acte sexuel. Elle implique un niveau élevé d’activation physiologique. Et finalement, il définit la passion comme étant la composante cognitive de l’amour. Elle s’exprime à la fois dans le court terme (décision d’aimer quelqu’un) et dans le long terme (décision de maintenir cet amour).

Les 7 types d’amour qui se manifestent à travers ces 3 dimensions sont:

  1. Amitié ( intimité)
  2. Engouement (passion)
  3. Amour vide (engagement)
  4. Amour romantique (intimité et passion)
  5. Amour compagnon (intimité engagement)
  6. Amour fat (engagement, passion)
  7. Amour consumé (engagement, passion , intimité)

La psychologie moderne accepte donc qu’il est possible qu’il y ait plusieurs amoures. Peut-on alors ressentir plusieurs types d’amoures en même temps?

En y pensant quelqus secondes, la réponse semble aisée. Si l’amour qui n’implique que l’intimité est appelée amitié, et l’amour qui implique seulement la passion est appelé l’amour entiché, soit l’amour que l’on peut ressentir pour un partenaire avec lequel il ne s’est encore rien passé, il est facile de repenser à une situation où nous avons eu des amis, et des amoureux en même temps. Il est aussi possible de penser à notre meilleur ami, soit l’engagement et l’intimité (amour complice) ayant du mal à nous partager avec notre nouvel amoureux (ou amoureuse) soit l’amour romantique (intimité et passion).  La seule façon pour ces amoures de ne pas être simultanés, est s’il nous fallait oublier une personne pour en aimer une autre. Si lorsque vous êtes avec votre ami, votre attention lui appartenait au complet, et que vous oubliez votre partenaire en sa présence (et vice versa). Sommes-nous réellement si pointu? si spécifique? si étroits? nous est-il absolument nécessaire de n’avoir en tête qu’une seule chose à la fois? Comment fait-on alors, si toutes ces personnes se retrouvent toutes ensemble dans un seul endroit? est-on moins l’ami de quelqu’un lorsque l’on est l’ami de quelqu’un d’autre?

Si l’on en croit Aaron Ben-Zeév, Ph.D., il n’est même pas nécessaire d’avoir des types différents d’amoures pour aimer plusieurs personnes en même temps. La raison pour laquelle il nous semble impossible d’aimer plusieurs personnes en même temps, est parce que nous investissons nos partenaires émotionnellement. L’amour coute cher, en énergie et en ressources. Qui plus est, les émotions sont basées sur une préférence. Si nous aimons, c’est que nous pouvons aussi ne pas aimer, impliquant une gradation, et donc une selection. Si nous aimons le plus que nous pouvons, c’est que nous sélectionnons aussi de plus en plus, ce qui rend illogique l’idée que plusieurs personnes répondent aux mêmes critères. En tout cas, illogique pour nous, car ces notions créent une dissonance cognitive entre la compréhension que l’on a de l’amour, et les sentiments que l’on ressent parfois lorsque la personne que l’on aime va voir ailleurs. Nous ressentons de la douleur, mais il est impossible de l’expliquer logiquement si l’on ne prend en compte l’amour que comme une entité. Il est donc nécessaire de le rendre sujet au médium et à l’objet. Il nous est nécessaire d’ancrer notre compréhension de l’amour chez un partenaire. Cela implique que nous nous attendons en retour à de l’exclusivité pour ne pas ressentir les émotions négatives liées à nos propres insécurités. La peur du rejet n’a pas réellement de lien avec les actions de l’autre. aimer deux personnes n’implique pas que l’on veuille rejeter l’une ou l’autre. Mais notre peur de perdre notre partenaire a besoin d’une logique pour que nous n’ayons pas de dissonance cognitive.

 

 

bibliographie:

Ficin, M. (2002). Commentaire sur » Le Banquet » de Platon, » De l’amour »: Commentarium in Convivium Platonis, De amore. P. Laurens (Ed.). Les Belles Lettres.

Hampshire, S. (1956). Spinoza. Manchester University Press.

Kant, I. (1964). The Metaphysical Principles of Virtue: Part II of the Metaphysics of Morals (Vol. 85). Bobbs-Merrill.

Sternberg, R. J., & Weis, K. (Eds.). (2006).The new psychology of love. Yale University Press.

http://www.psychologytoday.com/blog/in-the-name-love/200803/loving-two-people-the-same-time

sortie du livre « La psychologie de l’adolescence »

Le livre « La Psychologie de l’Adolescence » va sortir bientôt. J’ai participe à la rédaction de ce livre de façon très minime en écrivant un paragraphe sur la pornographie et son influence sur les adolescents, sous la direction de Marie-Aude Boislard, Ph.D. En voici donc l’extrait. si le livre vous intéresse, son lancement  a lieu le lundi 10 Novembre.

la psychologie des adolescents

« La psychologie de l’adolescence
Sous la direction de Michel Claes et Lyda Lannegrand-Willems
lundi 10 novembre 2014 à 17 h
Département de psychologie de l’Université de Montréal
Pavillon Marie-Victorin — Salon Noël-Mailloux (D-427)
90, avenue Vincent d’Indy
prix de lancement du livre: 35$ »

La pornographie.

La  majorité  des  adolescents  ont  été  exposés  à  la  pornographie dans la dernière année, parfois non intentionnellement, par des fenêtres intempestives ou du courrier indésirable. Au Canada, l’âge moyen de la première exposition semble se situer autour de 12ans pour les garçons et de 13ans pour les flles (Poulin, 2009). L’âge de la première exposition pornographique peut avoir de multiples efets. Par exemple, Poulin (2011) a observé que plus un adolescent consomme de la pornographie tôt, plus il aura tendance à vouloir reproduire les pratiques sexuelles auxquelles il a été exposé, et plus il risque d’en consommer régulièrement et fréquemment. D’autres études suggèrent que lorsque l’exposition à du matériel pornographique survient de façon inattendue et brutale, certains adolescents expérimentent des cauchemars, des angoisses et davantage d’inquiétudes face à leur propre sexualité. De plus, la pornographie véhicule des stéréotypes tels que l’instrumentalisation du corps féminin et la focalisation sur le plaisir masculin pouvant modeler les représentations génitales et sexuelles, particulièrement chez les jeunes les plus vulnérables. Les représentations corporelles féminines y sont d’ailleurs de plus en plus éloignées de la réalité (Schick, Rima et Calabrese, 2010). Il n’est donc pas surprenant que la consommation de pornographie soit corrélée négativement à l’estime de soi, surtout chez les flles. Or, plus l’estime de soi des jeunes flles est faible, plus celles-ci risquent d’être précoces sexuellement (Boyce et al., 2002).

En outre, les adolescents de sexe masculin qui consomment du matériel pornographique sur une base régulière ont davantage d’expériences sexuelles, de partenaires d’un soir et de relations sexuelles dans un cadre non amoureux que ceux qui en consomment occasionnellement ou pas du tout (Mattebo, Tyden, Haggstrom-Nordin, Nilsson et Larsson, 2013). La consommation régulière de pornographie est également associée à davantage de croyances soutenant la violence envers les femmes et le « mythe du fantasme du viol » (Vega et Malamuth, 2007), une association qui s’avère encore plus prononcée lorsque le matériel visionné comprend des scènes de violence sexuelle (Kingston, Malamuth, Fedorofet Marshall, 2009). Pris ensemble, ces résultats, combinés avec ceux d’une méta-analyse sur la question, montrent que la consommation de pornographie est liée aux attitudes endossant la violence envers les femmes (Kingston et al., 2009; Oddone-Paolucci, Genuis et Violato, 2000). Bien qu’une minorité d’adolescents traduiront ces attitudes en gestes, une grande consommation de matériel  pornographique  est  davantage  associée  à  des  comportements autorapportés de coercition sexuelle et d’abus sexuels (Malamuth, Addison et Koss, 2000; Vega et Malamuth, 2007).

Certains auteurs estiment toutefois que la pornographie peut entraîner des gains à l’adolescence, comme de permettre le transfert du désir vers des cibles moins menaçantes que les objets réels (Bidaud, 2005), de procurer  des  informations  accessibles  –  quoique  souvent  biaisées  et inexac tes – sur la sexualité et l’anatomie, et de se rassurer sur sa propre sexualité et son corps pubère (Hayez, 2009). Les sous-groupes sexuels étant surreprésentés dans le matériel pornographique, certains saluent l’« efet  normalisateur »  de  la  pornographie  pour  certaines  pratiques sexuel les considérées comme plus marginales, permettant ainsi aux adolescents qui en sont friands de se sentir moins stigmatisés et coupables (Hayez, 2009). Néanmoins, le phénomène de l’extrême accessibilité de la pornographie (gratuite) étant relativement récent, d’autres études sont nécessaires pour en dégager les efets sur la sexualité des jeunes, à court et à long terme, ainsi que les variables qui modulent et expliquent ce lien.La religion. Une faible religiosité a été associée à une transition plus précoce à une vie sexuelle active et à un usage moins systématique du condom. Globalement, il semble que ce ne soit pas les allégeances religieuses en tant que telles qui retardent les débuts sexuels des adolescents, mais plutôt leur propre engagement et celui de leurs amis dans des activités pastorales et ecclésiastiques, particulièrement chez les adolescentes non caucasiennes (Zimmer-Gembeck et Helfand, 2008).