Assistance sexuelle? Mais qu’est-ce donc?

Assistance sexuelle

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Un des documentaires les plus parlants sur l’assistance sexuelle est probablement Scarlet Road,  qui traite de  Rachel Wotton, une travailleuse du sexe australienne. Elle est spécialisée dans le service aux personnes handicapées. Elle estime que le contact humain et l’intimité sexuelle peuvent être une thérapie vitale et contribuer à reconstruire l’estime de soi. Journal intime d’une femme qui pousse à regarder au-delà des limites du handicap pour mieux comprendre le besoin d’intimité partagé par tous.

Que l’on soit pour ou contre, la question laisse rarement de glace. Les implications d’une telle legislation peuvent aller beaucoup plus loin que la communauté des personnes ayant un handicap.

Parlons tout d’abord des différentes définitions que peuvent prendre l’assistance sexuelle :

Selon Santé-Médecine, un site de vulgarisation des diagnostiques médicaux, l’assistant sexuel est chargé d’apporter à un client, malade ou handicapé, des sensations à caractère sexuel. Les actes pratiqués par l’assistant sexuel vont de simples caresses à des rapports avec pénétration. Toute implication affective doit être évitée.

Selon Cali Rise, en 2006, le métier d’assistant sexuel consiste à apporter une réponse concrète à ceux qui souffrent de solitude sexuelle car leur maladie, ou handicap, les empêche de connaître les plaisirs de la sexualité. L’aide apportée peut aller depuis de simples massages jusqu’à une vraie relation sexuelle.

Bien que la deuxième définition Touche l’acte en tant que tel, et évite les sentiments, la définition de Rise Semble mentionner la notion de besoins, et ceux-ci peuvent manifestement être émotionnels. Aucune des deux définitions ne mentionne un paiement quelconque, mais plutôt un service. Dans certains pays, ce service existe déjà. Par exemple : aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Autriche et au Danemark. Dans l’Europe de l’ouest-centre donc, l’assistance sexuelle semble être acceptée. Ce sont aussi des pays qui ont légalisé la prostitution. Les deux ne semblent pas aller l’un sans l’autre, puisque d’autres pays comme la France et le Québec, eux ne considèrent légal ni la prostitution, ni l’assistance sexuelle.

Pour la majorité des professionnels de la santé, cette définition claire est particulièrement importante. En effet, les risques de ne pas définir l’assistance sexuelle peuvent mettre beaucoup de patients et de professionnels dans des situations embarrassantes, sinon dangereuses. Les professionnels de la santé ne consentent pas forcément à avoir des relations sexuelles avec leurs patients aussitôt qu’ils ont leur diplôme, mais si ces définitions sont trop floues, les attentes des patients envers les intervenants de santé peuvent créer des tensions désagréables dans les relations professionnelles. Qui plus est, certains professionnels pourraient tirer avantage de certaines personnes en justifiant leurs actes par le besoin de certaines personnes d’avoir une relation sexuelle avec un professionnel. La relation de pouvoir entre un intervenant et un patient qui pourrait s’installer alors ne serait pas forcément particulièrement saine.

Au québec pour l’instant, les infirmières et les intervenants de santé ont des règles très strictes quant il en vient aux relations avec leurs patients :

  1. Les limites dans les relations professionnelles : (Ordre des Infirmières du Québec, 2014)
  2. échanger son affectation de poste avec une collègue afin de s’occuper d’un client en particulier;
  3. planifier sa journée de façon à passer le plus de temps possible avec ce client, sans égard à ses besoins de santé, et lui accorder plus d’attention que nécessaire;
  4. ne pas partager des renseignements au sujet du client avec les autres membres de l’équipe, entre autres les sentiments qu’éprouve ce dernier à son égard;
  5. cacher à l’équipe ses propres sentiments à l’égard du client;
  6. penser souvent à lui, même en dehors du travail;
  7. se considérer comme le soignant le plus approprié pour favoriser son rétablissement;
  8. soigner davantage sa tenue vestimentaire afin de lui plaire;
  9. être sur la défensive lorsqu’une personne pose des questions à propos de ce client et agir de façon possessive envers lui;
  10. partager des renseignements personnels avec le client.
  1. Quels sont les services offerts par des assistantes sexuelles?

Les assistants sexuels n’offrent pas tous les mêmes services. La rémunération des assistants et assistantes peut donc dépendre du service fourni, et de la formation de l’assistante elle-même. Parfois, l’assistant peut aider un couple à avoir des relations sexuelles. Par exemple, un couple de personnes ayant un handicap physique lourd peuvent avoir du mal à se placer dans différentes positions. L’assistant sexuel peut alors, à la discrétion du couple, et de la sienne, rester avec eux pour les placer et s’assurer qu’il n’y a pas de problèmes durant la relation.

D’autres assistants sexuels peuvent aller un peu plus loin dans l’implication physique et procurer de la sensualité physique légère, comme des caresses, ou un toucher corporel plus important comme des câlins. Ce service est particulièrement  utile pour les personnes qui ont perdu leurs fonctions génitales, ou simplement la sensation de plaisir dans les régions génitales. Les zones érogènes sont diverses et ont tendance à se développer lorsque d’autres parties du corps sont moins sensibles. En voici quelques exemples :

Les zones érogènes primaires : Lorsqu’elles sont excitées, ces zones érogènes mènent à l’orgasme. Ce sont le clitoris et le vagin chez la femme, le gland et la verge chez l’homme (Sexologies Québec, 2015).

Les zones érogènes secondaires : Grâce aux caresses, ces zones déclenchent l’excitation des zones érogènes primaires, et augmentent le plaisir sexuel. Ce sont le pubis, les fesses, les petites et grandes lèvres, l’entrée du vagin, de l’anus et du périnée et les mamelons chez la femme; la verge, les testicules et l’intérieur des cuisses chez les hommes (Sexologies Québec, 2015).

Les zones érogènes potentielles : Elles déclenchent des sensations excitantes et entraînent la stimulation des zones primaires.

Ces zones érogènes potentielles varient d’une personne à l’autre. (cou, oreilles, pieds, …) (Sexologies Québec, 2015)

Le dernier service est la relation sexuelle complète, potentiellement avec pénétration, et ce service, un peu plus rare, coute non seulement plus cher, mais il dépend des limites de l’assistant et du client.

La deuxième question importante dans le cadre de l’assistance sexuelle est celle de la formation du professionnel. En effet, la situation physique de certaines personnes ayant un handicap nécessite une certaine formation en santé. Les pratiques sexuelles adaptées aux différents problèmes que peuvent rencontrer les personnes ayant un handicap ne sont pas forcément dans quelconque curriculum enseigné, incluant la sexologie.

Les institutions où sont vivent parfois les personnes ayant un handicap n’acceptent pas forcément les rapprochements physiques, ce qui est une barrière de plus à la possibilité d’un assistanat sexuel.

La formation de l’assistant sexuel doit aussi aborder le fait de poser des limites claires, pour qu’il ne se crée pas de dépendance affective. En effet, la sexualité répond souvent à des besoins physiques et affectifs, mais dans le cadre d’une relation professionnelle, il faut bien faire attention à avoir des limites claires pour que cette relation reste en effet professionnelle, et qu’il n’y ait pas d’abus.

Une connaissance légale est aussi importante, pour ne pas être pris dans des débouchés qui ne sont pas forcément désirables.

  1. D’autres questions arrivent alors.

L’assistance sexuelle est-elle bonne sur le long terme? Les assistants eux-mêmes peuvent-ils le faire longtemps? Ce service devrait-il être bénévole? Ces questions restent pour l’instant sans réponse, et font l’objet de débat.

L’OMS décrit la santé sexuelle comme  » un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social associé à la sexualité. Elle ne constitue pas uniquement en l’absence de maladie, de dysfonction ou d’infirmité. La santé sexuelle implique 30 Organisation Mondiale de la Santé 20 / 20 une attitude positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles ainsi que la possibilité de vivre des expériences sexuelles épanouissantes et sûres, sans contraintes, discrimination et violence. Pour que la santé sexuelle puisse être atteinte et maintenue, il est nécessaire que les droits sexuels de toutes les personnes soient respectés, protégés et qu’ils puissent être comblés »

Selon cette définition, l’assistance sexuelle pour des personnes qui ne peuvent pas avoir accès à une sexualité autrement est une question de santé.  Cependant, les aspects émotionnels ne sont pas nécessairement comblés.

Mais une des barrières les plus importantes envers l’assistance sexuelle est la perception de la société envers la sexualité des personnes ayant un handicap. La plupart des gens préfèrent voir les individus ayant un handicap comme des personnes asexuées, ou incapable de soutenir une sexualité. La fragilité physique est parfois étendue dans la perception de l’entourage jusqu’à  une fragilité émotionelle.  Du personnel soignant, à la famille même de la personne, une couverture de protection se forme, et freine tout accès à une sexualité.  De par ces freinages sociaux, le handicap physique peut emmener un certain isolement, et donc un handicap social. L’assistance sexuelle pourrait donc être une façon de se réapproprier son corps, ainsi que son indépendance.
Le film l’amour pour tous résume bien la situation en Europe.

On peut le retrouver sur ce lien : http://www.afmproductions.fr/nos-films/Citoyennete/L-Amour-pour-tous

Si le sujet vous intéresse, il est donc possible de regarder plusieurs films, et de lire des sites internet sur le sujet. Le groupe Moelle épinière et Motricité du Québec organise des rencontres pour promouvoir le droit à l’assistance sexuelle, et Jeannette Bertrand, elle, s’y oppose fermement.

Le court métrage « Prends-moi », offre aussi la perspective d’un préposé aux services qui vient en aide à un jeune couple.

http://unis.ca/soiree-du-court-metrage/?e=na589od5rnswp

  • ACTEUR: ALEXANDRE VALLERAND
  • ACTEUR: MANI SOLEYMANLOU
  • ACTEUR: MAXIME D. POMERLEAU
  • PRODUCTEUR: FRANÇOIS BONNEAU
  • RÉALISATEUR: ANAIS BARBEAU-LAVALETTE
  • RÉALISATEUR: ANDRÉ TURPIN

Cali Rise, (2006) « L’amour handicapé, des amoureux comme les autres », Entretien avec Isa et Staral.

Prends-moi snapshot

Ressources sur internet et associations :

http://www.comeasyouare.com/sex-information/sex-and-disability/sex-and-disability-resources/

http://www.franceo.fr/emission/scarlet-road/diffusion-du-02-02-2014-15h10

http://www.afmproductions.fr/nos-films/Citoyennete/L-Amour-pour-tous

http://sexhi.msh-lorraine.fr/uploads/media/Memoire_Lise_Moreau_complet.pdf

http://unis.ca/soiree-du-court-metrage/?e=na589od5rnswp

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conversation on the importance of sources, and how you need air to breathe.

  • This morning, I had a conversation with Malcolm. He and I, although sharing the same Core values, disagree on one funamental point. He believes humans should be trusted above institutions. And I believe humans are the reason institutions cannot be trusted. Our understanding of the system is based on the nature nurture argument. He believes the system corrups human. I believe the human corrupts the system. It was thus not a surprise when, after i posted a quote from yet another unsourced author, arguing that without the source, this quote was as much as useless, Malcolm disagreed with me. The quote was as follows:
    howard zinn
    Here is the discussion that followed.
    Malcolm James Keenan Evidence lies in Nazi Germany. Hitler was revoking the Jews’ rights years before he lead them onto the train. A good 5-8 years of false-flags and abolishing rights in the name of National Security.
  • Mahault Albarracin Sure. Evidence. But from which source. I need a source. Because I can say that Nazi Germany was also experimenting on puppies to find ways to weaponize them (which may be true, and was true for Pavlov), but that’s just me saying stuff. Not actual evidence. I agree with this quote, but I want a source telling me that this guy actually either said or wrote it.
  • Malcolm James Keenan Took me 15 seconds to find this on Google . As for sources for Hitler revoking rights…. Watch nearly any documentary on the Third Reich and there you’ll have it.
  • Mahault Albarracin those aren’t sources… sources indicate what book or document that he has written has this particular sentence in it. or a video, in which you see him saying it. actual evidence that these sentences come from him. saying « i’m hungry » -gandhi isn’t a source. saying « i’m hungry » – Mistilis, M., (1916) Interview with gandhi, 15th august 1916. India’s digest, Vol 3, 32-33. that’s a source. because i can go check by myself that it has been written in a peer reviewed journal, or in a credible published magazine. or even in a book (although, that is not the way you quote books, but APA, ShmAPA. )
  • Malcolm James Keenan As I said, if you google it you get the answer almost immediately. I can assure you beyond any shred of doubt that Howard Zinn very much said this.
  • Mahault Albarracin well, the google link you sent me is basically this image, on a different format. so not a source. i’m not saying he didn’t say it. i’m saying there’s no way to find this sort of image credible if the people making it insist on stooping at the level of inspirational cat images… I haven’t read Howard Zinn’s books, si i honestly don’t know.

    Garfield, E. (2006). Citation indexes for science. A new dimension in documentation through association of ideas. International journal of epidemiology, 35(5), 1123-1127.

    (you can actually check that this article exists, and that my statement is NOT in it)

  • Malcolm James Keenan The link I sent you has references, just not for that specific quote. But when you google it, you see more than just this link. People dont take the time to post sources much anymore, so I feel its no one else’s responsibility than your own to validate it.
  • Mahault Albarracin well then, i stand on the other side of the fence where i don’t believe every thing that is said to me, and thus if i started checking every statement, i wouldn’t do anything, ever… so when i speak, i quote and cite my sources, because i have to prove i am credible. if people do not do it, i take it they are not, in fact credible. but that’s not something we have to agree on, it’s just our differing opinions.
  • Malcolm James Keenan I’m grateful that I’ve taken the extra effort to validate or discredit sources on my own. It helps paint a clearer picture amidst a sea of dis/misinformation. I agree that citing sources adds credibility but I don’t just dismiss what someone said just because the sources are missing.. It takes very minimal effort to check it out for myself, and usually ends up leading me to other paths of knowledge or information.
  • Mahault Albarracin in the sea of information internet contains, it is actually very hard to find a credible source. if it takes you minimal effort to validate an information, you’re not doing it right. for instance, you know that you need air to breathe. i know that we need air to breathe. but finding a credible, recent source that says that explicitly is really hard!! you may argue that if i know it, why do i need a source? well, because sometimes the things that we know for sure, are not true. so, yeah i can research myself. but that takes some time that i don’t need to take. if you’re unwilling to prove to me that you are credible, i won’t just give you the credit, and do that work for myself. i’ll just dismiss your words, in the same lazy way that you did not cite your source. once again, it’s not something we have to agree on. it’s just different standpoints.
    here’s a source saying we need air to breathe, although that’s not explicitly what the article says, so technically, i can’t really quote it.
    Saxon, A., & Diaz-Sanchez, D. (2005). Air pollution and allergy: you are what you breathe. Nature immunology, 6(3), 223-226.
  • Mahault Albarracin Mutlu, G. M., Garey, K. W., Robbins, R. A., Danziger, L. H., & Rubinstein, I. (2001). Collection and analysis of exhaled breath condensate in humans.American journal of respiratory and critical care medicine, 164(5), 731-737.

    this one’s closer to the goal. i think… read it and tell me

    And this is where the conversation ended.

    What do you think?
    where does the responsability of credibility lie?
    Is it within the writer, or the reader?

    Tell me all!!!!